Couverture du livre Témoignage, mémoire et histoire

Espaces de mémoire dans l’expérience argentine

Auteurs

Luciana Messina (auteur)
Publié 07-03-2023
Pages 267-276
Résumé

Lorsque nous parcourons les rues de nos villes, nous rencontrons une diversité de matérialités qui nous parlent d’événements et d’acteurs d’autres temps : marques, inscriptions, sites, objets et musées destinés à commémorer des passés plus lointains ou plus proches. Soit comme cadre social, ancrage matériel, réceptacle, support et/ou véhicule, l’espace urbain est une composante active dans les processus de sens et de représentation du passé et dans l’élaboration des mémoires sociales. L’autrice interroge le processus social, politique et institutionnel de construction des espaces de mémoire en Argentine, en mettant l’accent sur la ville de Buenos Aires. Pour cela, elle revient sur certains des apports théorico-méthodologiques du projet « qualifier, disqualifier et requalifier des lieux de détention, concentration et extermination » dirigé par Béatrice Fleury et Jacques Walter entre les années 2007 et 2010. En particulier, le concept de « dispositif de médiation mémorielle » et le cadre théorico-conceptuel qui implique l’articulation de processus complexes de qualification, disqualification et requalification des sites où se sont produites des violations des droits humains (anciennes prisons, centres de détention clandestins, camps de concentration, entre autres), appelés dans différentes parties du monde sites authentiques, historiques, de témoignages, récupérés. Il y a autour d’eux des expériences très diverses : certaines ont été tôt occupés par les survivants, d’autres ont été démolis, oubliés, récupérés et/ou réfonctionnalisés. En eux, les vestiges, les ruines et les restes opèrent comme des donneurs d’une authenticité qui, on le sait, est toujours de l’ordre de l’effet. L’autrice résume et réfléchit sur certains débats et défis qui ont été présents depuis le début de la construction d’espaces de mémoire dans les anciens centres de détention clandestins de la ville de Buenos Aires, c’est-à-dire dans des sites authentiques qui développent des projets institutionnels auxquels participe l’État (local et national) et qui aspirent à transmettre un récit complet du passé et à devenir des références permanentes de l’histoire de l’horreur et de la souffrance qui y sont dénoncées et commémorées.

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