Compétences et place de l’écrit dans la structuration de la profession notariale à la fin de l’Antiquité
Du notarius de l’Empire romain tardif, le notaire conserve aujourd’hui des deux côtés du Rhin le nom et sa qualité d’officier public. Il paraît ainsi concentrer des attributions plurielles jadis incarnées par différents techniciens de la rédaction et du droit présents dans l’entourage des empereurs tardo-antiques. En effet, à vouloir retracer l’origine lointaine du notariat latin, on tend à se heurter au paysage fragmenté des compétences rédactionnelles et juridiques de différents agents et fonctionnaires impériaux dans l’Antiquité tardive – tabelliones, exceptores et notarii. Parmi eux, seuls les derniers paraissent avoir endossé dès le règne de Constantin Ier la charge la plus attractive, assortie de missions politiques excédant largement la maîtrise de la sténographie ou du droit. Ce sont eux que la tradition a retenus comme étant à l’origine, ne serait-ce qu’étymologiquement, d’une profession qui ne semble pourtant pas avoir conservé toutes ces attributions particulières des notarii tardo-antiques. Dans le souci d’une réflexion historienne sur cette question, cet article propose tout d’abord de brosser un tableau des différents professionnels de l’écrit présents dans les bureaux impériaux de l’Empire romain tardif et de concentrer la réflexion, dans un deuxième temps, sur les notarii impériaux aux 4e et 5e siècles de notre ère. Il s’agirait en dernier lieu de pouvoir mieux percevoir les aspects d’un paradigme impérial passés dans l’administration de l’Église alto-médiévale ainsi que dans les cours royales dites « barbares » d’Occident, à l’origine de l’actuel notariat latin. La filiation postulée entre le notarius impérial ou ecclésiastique de la fin de l’Empire romain et le notaire contemporain, issu de la tradition médiévale, est-elle alors si directe et évidente ?

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