La traduction, exercice de l’ascèse ? Réflexions sur le paradoxal "effacement" de Philippe Jaccottet traducteur
L’article interroge la possibilité de lire la pratique traductive de Philippe Jaccottet comme une forme d’ascèse de l’écriture. Traducteur prolixe (d’Homère, Hölderlin, Rilke, Musil, Ungaretti, etc.), Jaccottet se montre remarquablement peu disert sur cette modalité de l’écriture, opérant en la matière une défense et illustration du vers célèbre : « l’effacement soit ma façon de resplendir ». L’article aborde la question sous trois angles : l’examen du discours de Jaccottet sur la traduction, qui exprime une volonté d’effacement en net contraste avec l’émergence contemporaine de l’affirmation du sujet traducteur ; l’examen des traductions de Jaccottet considérées comme un « exercice » ascétique ; les conditions matérielles de l’exercice de la traduction enfin.