Formes et figures de l'ascétisme (2025, Edul)

De la “tentation érémitique” à la “poésie de la méditation” : ascétisme et exercices spirituels

Auteurs

Margaux Coquelle-Roëhm (auteur)
Publié 10-10-2025
Pages 123-136
Résumé

Jacques Roubaud, récemment récompensé par le Goncourt de la poésie (2021), a placé son œuvre sous le signe d’un triple M : « Mélancolie Méditation Mémoire ». Son « obstination de la poésie » a pour corollaire la revendication paradoxale de la posture de l’ermite. La solitude apparaît en effet comme une condition de la composition, conçue comme le fait « d’écrire sous la méditation ». Il reprend des scenarii promus par la mystique chrétienne pour les détourner à des fins poétiques. La forme est le lieu d’une pratique, la trace d’un « exercice spirituel » (Pierre Hadot) qui se vit avant de s’écrire et vise à une action de soi sur soi (Michel Foucault). Prolongeant les perspectives ouvertes par Jean-François Puff quant à l’usage méditatif du poème et sa fonction éthique, nous entendons montrer que, chez Roubaud, la composition de poésie est tout entière une méditation par les formes, visant à résister à la mélancolie et à donner forme au temps.

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