Faire face à l’annonce d’une maladie neurodégénérative Les enjeux de la vulnérabilité pour les personnes diagnostiquées « Alzheimer »
Relevant de l’analyse de conversation d’inspiration ethnométhodologique, cette contribution appréhende la vulnérabilité comme un phénomène sociologique saisi via la description linguistique. Deuxième volet d’une réflexion engagée en 2021 sur le concept métaphorique « La mémoire-cerveau est une maison », cette contribution met en lumière, dans sa triple dimension (pratique, relationnelle et affective), la vulnérabilité rencontrée en consultation gériatrique par des personnes qui viennent d’être diagnostiquées Alzheimer. Sur la base de ressources descriptives et sémio-pragmatiques, le médecin pose un socle commun en recourant à une métaphore pour symboliser le cerveau du patient, ce qui rend la compréhension du diagnostic de maladie d’Alzheimer socialement partageable. Lorsque le patient se reconnaît comme étant malade, cette métaphore vient le rassurer, voire le valoriser, en minimisant la gravité de sa pathologie et ses effets. Au contraire, la métaphore vient en contre-argument convaincre le patient quand ce dernier ne reconnaît pas ses problèmes cognitifs et mnésiques comme pathologiques. Étudier ce processus montre comment le médecin s’ajuste au patient en s’orientant vers le schéma du destinataire, en fonction de ses vulnérabilités, que le patient les reconnaisse ou les réfute. Cela, afin de lui faire comprendre et accepter le diagnostic pour, par la suite, mettre en place des moyens pratiques et parfois médicamenteux et faire face à la maladie.

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