Éconarratologie, limites planétaires et limites narratives
Cet article propose une réflexion critique sur l’usage inflationniste de la notion de « récit » dans les discours contemporains, en particulier dans le contexte de la crise écologique. En retraçant l’évolution des définitions narratologiques, des modèles structuralistes aux approches cognitives et expérientielles, il met en évidence un écart croissant entre des définitions scientifiques de plus en plus restrictives et des usages sociaux de plus en plus extensifs du « narratif ». Je distingue plusieurs niveaux de narrativité : structures mentales, scénarios collectifs (métarécits) et objets narratifs concrets, eux-mêmes différenciés selon leur degré d’expérientialité. Cette clarification conceptuelle permet de mieux évaluer les potentialités et les limites des récits dans la représentation des enjeux écologiques, notamment face aux temporalités longues et aux processus diffus du changement environnemental.

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