Dire et redire le « choc » des attentats du 13 novembre 2015 à Paris
Cette contribution réfléchit à la manière dont une dizaine de résident·es, qui vivent, travaillent ou fréquentent les quartiers touchés par les attentats du 13 novembre 2015 dans les 10e et 11e arrondissements parisiens, ont vécu le « choc » de cet événement. Leur proximité géographique a généré des formes de « concernement » qui entrent en résonance avec leurs problématiques personnelles et laissent des traces, poussant à dire l’expérience à leurs proches et à la redire dans le temps, comme dans le rapport au quartier modifié. Leur monde d’avant est déstabilisé et le monde d’après est à (re)dessiner. Les témoignages récoltés montrent comment les « victimes indirectes », en racontant leur expérience, participent à la construction d’une mémoire collective ancrée dans un espace géographique précis, tout en réaffirmant leur identité face au bouleversement vécu. Les différents degrés de concernement de résident·es sont interrogés au regard de leur statut du témoin. Les témoignages ont été recueillis dans le cadre des trois campagnes d’enquête (2016-2018-2021) du Programme 13-Novembre – CNRS-Inserm – Paris 1.

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