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Couverture de À l'ombre des métropoles (Édul, 2026) Show/hide cover

Habiter la ville en décroissance, la transformer sans la conformer

Expériences dans les fissures de l’ordre urbain à Saint-Étienne

Territories and Stakeholder Dynamics in the Shadow of Eco-Neighborhoods: The Wood-Forest Sector

Consacrer une contribution à Saint-Étienne dans un ouvrage dédié aux villes petites et moyennes vivant à l’ombre des métropoles peut sembler, à première vue, « hors sujet ». En effet, par son poids démographique, Saint-Étienne est la 14e ville française (172 569 habitants en 2022) et la 17e aire urbaine1 (520 640 habitants en 2017). Sur le plan juridico-administratif, l’agglomération stéphanoise est devenue, en 2018, une métropole dont les 53 communes comptent, en 2021, 406 257 habitants.

Pour plusieurs raisons, le détour par Saint-Étienne nous semble néanmoins susceptible d’éclairer la situation des villes petites et moyennes. D’abord, grande ville, Saint-Étienne l’est moins qu’elle ne l’a été : après avoir culminé à plus de 223 000 habitants en 1968, elle en a perdu 50 000 en une cinquantaine d’années, avant que sa courbe démographique ne se stabilise depuis le milieu de la décennie 2010. Or, dans le contexte français, les villes petites et moyennes sont les premières concernées par le processus de décroissance urbaine : Saint-Étienne est l’une des rares grandes villes confrontées de façon aiguë au déclin démographique et économique. Ensuite, la condition stéphanoise se distingue par un autre trait marquant : malgré sa taille, la ville évolue à l’ombre d’une métropole qui l’emporte dans la hiérarchie urbaine. Lyon, deuxième aire d’attraction à l’échelle nationale, n’est qu’à une soixantaine de kilomètres. L’ombre portée de la métropole lyonnaise est bien l’un des facteurs de la décroissance stéphanoise, s’articulant aux effets de la désindustrialisation et de la périurbanisation (Béal et al., 2026). Enfin, bien que sa démographie la hisse objectivement parmi les plus grandes villes à l’échelle nationale, Saint-Étienne est souvent perçue, dans les représentations ordinaires, comme une ville moyenne. Le traitement médiatique qui lui est réservé est plus que discret, comme le montre, de façon anecdotique mais significative, son invisibilisation sur les cartes du bulletin météorologique télévisé quotidien. Même dans les moments de crise – tels que l’affaire du chantage à la « sextape » révélée par Mediapart en août 20222 –, l’actualité stéphanoise est loin de faire les gros titres. Ce syndrome d’invisibilité, Saint-Étienne le partage avec nombre de villes petites et moyennes, moins caractérisées par leur taille que par leur statut de « villes “dont on ne parle pas” (Authier, Bidou-Zachariasen, 2017), notamment en sociologie »3.

Le détour proposé consiste alors, à partir du cas stéphanois, à explorer deux questions. D’abord, qu’est-ce qui constitue et singularise les expériences de l’habiter dans les villes en décroissance ? Ensuite, dans quelle mesure ces dernières constituent-elles des terreaux favorables à la construction du droit à la ville dans les « fissures de l’ordre urbain planifié et programmé » (Lefebvre, 2009, p. 77) et à l’émergence de stratégies urbaines alternatives, si l’on entend par là « l’ensemble des initiatives, des démarches ou des projets soutenus par des municipalités et qui cherchent à organiser un développement urbain s’éloignant des canons de l’entrepreneurialisme » (Béal et Rousseau, 2014) ? Rapportée au cas stéphanois, l’hypothèse qui sous-tend cette dernière question cède rapidement face au constat que, depuis les années 1990, les municipalités successives ont toutes, malgré des positionnements politiques différenciés, privilégié des stratégies urbaines entrepreneuriales (Harvey, 1989) inscrites dans le paradigme de l’attractivité. Ainsi, la stratégie d’image fondée sur la régénération urbaine par la culture et le design élaborée sous la municipalité de Michel Thiollière (maire inscrit au centre-droit puis à droite, 1994-2008) a été maintenue par ses successeurs malgré deux alternances politiques locales, en 2008 avec l’élection de Maurice Vincent (Parti socialiste) puis, en 2014, avec celle de Gaël Perdriau (Les Républicains4), réélu en 2020. Notre enquête de terrain5 nous a néanmoins conduites à observer que, dans l’ombre de la stratégie urbaine entrepreneuriale privilégiée par les acteurs institutionnels, une diversité de collectifs d’habitants et d’habitantes et/ou de militants et militantes agit pour construire des alternatives. Loin du « projet urbain » (Pinson, 2009) porté par la classe politique locale et des quartiers qu’il distingue, ces acteurs déploient des interventions multiformes et souvent discrètes dans des rez-de-chaussée commerciaux désertés ou sur les friches issues de la démolition de bâtiments industriels ou résidentiels.

Nous commencerons par rendre compte des singularités de l’expérience de l’habiter dans une ville marquée par la décroissance : les expériences sensibles et les conditions matérielles de l’habiter y sont affectées par certaines spécificités et se révèlent plus ambivalentes que ne le laisseraient penser les représentations dominantes, négatives, de ces villes. Nous montrerons ensuite que la condition urbaine propre à ce type de ville est porteuse d’une combinaison singulière de ressources pour le développement d’actions alternatives mais aussi d’obstacles, ce qui conduit à la fois à prendre au sérieux et à nuancer la capacité effective des collectifs portant ces initiatives à y (re)prendre le pouvoir sur la production urbaine.

Habiter une ville en décroissance : des expériences sensibles et des conditions matérielles spécifiques

Au-delà de la diversité des trajectoires et situations de déclin urbain (Cauchi-Duval et al., 2017), les villes françaises en décroissance sont caractérisées par des traits objectifs communs. Elles accueillent des sociétés urbaines marquées par un processus de vieillissement plus accusé que dans les autres villes, un creusement des tranches d’âge comprises entre 20 et 40 ans et un déséquilibre des sexes en défaveur des femmes. Elles se distinguent également par les caractéristiques de leurs marchés foncier et immobilier (taux élevé de vacance des logements, faiblesse des valeurs immobilières, part importante d’habitat dégradé) et la présence marquée de friches et de locaux commerciaux vacants.

Ce qui constitue la singularité des expériences sensibles et des conditions matérielles de l’habiter, ainsi que des rapports sociaux localisés, pour celles et ceux qui résident dans ces villes, a été relativement peu exploré à ce jour (voir cependant Florentin et Paddeu, 2013 ; Guéraut, 2018 ; Le Borgne, 2023). L’attention des chercheurs s’est en effet davantage centrée sur leurs transformations matérielles, leur gouvernance et les politiques dont elles font l’objet (Béal et al., 2016). Alors que, dans les représentations de ces villes, les perceptions négatives tendent à l’emporter, favorisées par la focalisation médiatique sur des cas de décroissance extrême tels que celui de Détroit, l’enquête menée à Saint-Étienne conduit à mettre au jour des expériences d’habiter plurielles et plus ambivalentes.

Éprouver la présence d’espaces vides

La présence du vide est l’un des marqueurs des villes en décroissance, objectivable au moyen d’indicateurs tels que des taux élevés de vacance des logements (12,3 % à Saint-Étienne en 2020, données Insee) et de vacance commerciale (13,4 % en 2022). Ces taux moyens dissimulent de fortes variations : la concentration de la vacance dans certains quartiers, îlots voire rues, la rend particulièrement visible aux personnes qui y habitent ou y passent. Ainsi, dans le quartier péricentral de Saint-Roch, situé au sud-est de l’hypercentre, certains îlots sont fortement marqués par la vacance et des immeubles y comptent jusqu’à plus de 75 % de logements vacants (Établissement public d’aménagement de Saint-Étienne [Epase], Coop/Roch, 2017, p. 42).

La vacance des locaux d’activités en rez-de-chaussée, dont les dispositifs de fermeture et les affiches annonçant la clôture définitive renforcent la visibilité, affecte elle aussi l’ambiance urbaine, rendant palpables le départ de certains groupes sociaux ainsi que le déclin d’activités commerciales et économiques. Outre la concentration plus ou moins marquée des rez-de-chaussée vacants d’une rue à l’autre, les études existantes soulignent une difficulté prégnante : un rez-de-chaussée vacant n’est pas pour autant immédiatement disponible pour une nouvelle activité, que ce soit en raison de l’ampleur des travaux à entreprendre ou parce que les propriétaires sont injoignables voire non identifiés (Rues du développement durable, 2021).

Cette présence palpable du vide et de l’abandon est ressentie différemment par les habitantes et habitants, selon leur positionnement dans les rapports sociaux. Elle est parfois vécue sur un mode négatif, traduisant une perte, une dégradation :

Je passe [souvent au bas de la rue Antoine Durafour] et je vois, c’est… c’est tout vide… Oh c’est affreux… là, le début de la rue Antoine Durafour, nous on avait plein de clients [dans notre épicerie], il y avait un monde fou. Maintenant, je regarde, il n’y a plus rien… [Entretien avec une habitante, 63 ans, commerçante retraitée, bénévole associative, mars 2013]

Elle peut être aussi vécue comme une chance, celle d’accéder à des espaces qu’il est possible de s’approprier, d’investir d’usages choisis. Une des fondatrices du collectif Carton Plein, association impliquée dans l’activation et la transformation d’espaces publics, témoigne ainsi :

[En lien avec] la décroissance, la vacance, […] il y avait énormément de choses à faire, plein de chantiers à explorer, plein de potentiel. Il y avait certes un manque d’acteurs, un manque de moyens mais […] surtout de la place pour agir, [pour développer des] activités. Il semblait y avoir dix millions de possibles […] dans les interstices, les friches et délaissés urbains. [Entretien avec une des fondatrices du collectif Carton Plein, mai 2017]

Ressentir les transformations du peuplement

Les vides sont autant de traces d’absences : celles d’habitants, d’habitantes et d’activités disparus ou partis s’installer ailleurs et non remplacés, transformant la structure démographique et économique. De ce point de vue, l’expérience sensible d’une partie des résidents et résidentes se focalise moins sur le vide et la perte démographique que sur le changement de la population urbaine, la présence et la visibilité renforcées ou au contraire affaiblies de certains groupes sociaux.

À Saint-Étienne comme de façon plus générale dans les villes en déclin (Rudolph et Cauchi-Duval, 2021), la décroissance est le produit de mobilités résidentielles sélectives : ce sont les groupes sociaux les mieux positionnés dans les rapports sociaux de classe et de race6 qui sont partis vers certaines périphéries. Le « grand déménagement » qu’a connu la population stéphanoise depuis les années 1970 est lié à un mouvement de périurbanisation des classes moyennes « blanches », conduisant à une surreprésentation relative des classes populaires et des groupes racisés dans la ville-centre – et plus précisément dans certains quartiers, d’habitat social et aussi d’habitat privé dégradé, en centre-ville – ainsi que dans les autres communes urbaines anciennement industrielles de l’agglomération, dans la vallée de l’Ondaine (La Ricamarie, Le Chambon-Feugerolles, Firminy) et celle du Gier (Saint-Chamond, Rive-de-Gier) (Béal etal., 2026). Cette transformation du peuplement est durement ressentie par une partie des habitants et habitantes, là encore comme un indice du déclassement de la ville et, partant, de leur propre déclassement. Des appellations ethnicisées – par exemple celle de « rue des kebabs » pour désigner la rue Antoine Durafour, qui traverse le quartier Saint-Roch – deviennent courantes dans les paroles ordinaires et également présentes dans des perceptions institutionnelles :

Saint-Étienne perd 1 000 habitants par an : 11 000 partent, 10 000 arrivent. Mais surtout il faut voir qui entre et qui sort ! Il y a une qualité économique, sociologique, même religieuse, car à Saint-Étienne c’est prégnant. Si ceux qui sortent ont plus de qualité que ceux qui arrivent, alors je remplace du sang frais par du sang contaminé. […] La rue Durafour, je l’appelle kebab street. […] Je vois le quartier évoluer, les commerces qui ferment, ceux qui se montent. Les coiffeurs, les kebabs, on se demande comment il peut y en avoir autant. [Entretien avec un habitant du quartier Saint-Roch et cadre d’un organisme HLM, octobre 2015]

Exprimé par des individus, repris et légitimé par le discours de certaines associations et de certains professionnels de l’urbain7, ce type de perception traduit le sentiment de certaines catégories d’habitants et d’habitantes d’une dégradation de leur statut résidentiel et de « ne plus être chez soi ». À l’opposé, d’autres catégories, notamment issues des classes moyennes « blanches » et qui s’insèrent dans les territorialités populaires, vivent sur un mode positif l’hétérogénéité de la composition sociale et raciale dans les espaces centraux et péricentraux. Cela s’observe par exemple dans le quartier de Tardy, où de jeunes familles de classe moyenne « blanche » ont investi l’amicale laïque depuis le début des années 2010, et y développent des formes inédites de cohabitation avec des personnes plus âgées qui y résident de longue date, souvent de milieu ouvrier, caractérisées par une histoire migratoire et racisées.

Habiter une ville stigmatisée : intérioriser le stigmate ou le retourner

À l’heure des politiques urbaines de compétitivité et d’attractivité (des entreprises, des classes moyennes et supérieures et/ou des touristes), les villes en décroissance sont souvent prisonnières d’images dépréciatives. La dévalorisation symbolique de Saint-Étienne est nourrie d’images et de discours quant à ses supposés laideur, saleté et écart à la « norme » métropolitaine. Le stigmate pesant sur les formes et le bâti urbains vient s’imbriquer au stigmate social et racial dont les habitants et habitantes font l’objet. En décembre 2014, un article du journal Le Monde dresse ainsi un portrait misérabiliste de la ville8, déclenchant une vive controverse et d’intenses mobilisations tant sur les réseaux sociaux que dans les médias locaux et nationaux (Béal et al., 2017). Au sein de ce mouvement de « déploiement identitaire » (Bernstein, 1997), deux grandes catégories de réactions peuvent être identifiées : aux réactions de « contre-image » visant à montrer en quoi Saint-Étienne se rapproche des canons de la métropole attractive répondent celles de retournement du stigmate, qui prennent davantage appui sur ce qui l’en sépare, valorisant les attaches ouvrières et populaires de la ville.

À nouveau s’observent ici la pluralité et les ambivalences des expériences de l’habiter, liées aux places occupées dans la stratification sociale et à leurs subjectivations. Les acteurs participant à diverses initiatives alternatives dans la ville sont nombreux à en retourner le stigmate et à y trouver des ressources. Ils valorisent ce qu’ils perçoivent comme le caractère authentique de la ville anciennement industrielle et de ses formes urbaines non fongibles dans l’esthétique de la « métropole attractive », ainsi que les mémoires des luttes ouvrières et populaires qui y sont vives (Trigano, 2015). Ce rapport symbolique à la ville contraste avec celui dont témoignent, dans leur majorité, les entretiens auprès des acteurs institutionnels. Ces derniers, ayant le plus souvent intériorisé la « beauseigne attitude9 », envisagent l’image de Saint-Étienne comme un problème et considèrent dès lors sa mise aux normes métropolitaines comme une nécessité.

Habiter et expérimenter à moindre coût : un atout discret

La décroissance urbaine produit des effets objectivables sur le marché immobilier (Béal et al., 2026). Le prix des logements, à la vente comme à la location, est faible à Saint-Étienne, traduisant un rapport offre/demande relativement favorable à la dernière dans un contexte de marché à faible tension. Dans tel ou tel classement médiatique des villes « où il fait bon vivre », « où il fait bon étudier », etc., Saint-Étienne se démarque bien souvent positivement de ses « concurrentes » sur un critère principal : celui du coût de la vie, en particulier pour le logement. Ces conditions de vie matérielles sont souvent vécues comme très favorables, a fortiori au regard de la dégradation des conditions de la vie quotidienne dans les métropoles, qui alimente des mouvements de contestation de la métropolisation (Halbert et al., 2021). L’évolution des prix de l’immobilier depuis la fin des années 2000 témoigne de l’écart croissant entre prix stéphanois et ceux de la voisine lyonnaise (tableau 1). Les personnes interrogées, investies dans des expérimentations urbaines alternatives, soulignent de façon récurrente la disponibilité de nombreux espaces et la facilité d’y accéder pour mener des activités associatives, économiques, artistiques ou autres.

Source : Notaires de France, cité dans Béal et al., 2026, p. 102.

      
 2005200820112014201720202023
Saint-Étienne1 0001 3701 2901 0408501 0301 180
Lyon2 2952 7803 1553 3053 6504 9304 590

Reprendre le pouvoir sur la production urbaine : entre expériences alternatives et obstacles persistants

Les formes et la configuration socio-démographique des villes en décroissance façonnent donc des expériences urbaines éloignées du « couplage spécifique [entre] densité et […] diversité » qui caractériseraient l’urbain (Lévy et Lussault, 2003, p. 949). Dans ce contexte qu’il ne s’agit en aucun cas de naturaliser (Hackworth, 2017 ; Nussbaum, 2019), des collectifs se saisissent d’espaces caractéristiques des villes en décroissance, partiellement désindustrialisées spécifiques. Ils investissent ces fissures de l’ordre urbain en tentant de les rendre appropriables et de les transformer au bénéfice des habitants et habitantes déjà là ou encore là. Leurs tentatives de (re)prise de pouvoir sur la production et les usages des espaces urbains s’appuient sur les ressources d’une société locale à la fois héritière des formes d’engagement et de sociabilité de la période industrielle et accueillant de nouvelles modalités d’engagement. Elles mobilisent aussi la puissance des imaginaires propres à la ville anciennement industrielle (Rautenberg et Védrine, 2017), parfois de manière criante : dans les années 2010, les porteurs d’entreprises informatiques ou numériques forment un milieu qu’ils désignent avec humour comme la « Silicose Valley »10, trouvant à Saint-Étienne les ingrédients qui ont marqué les tout débuts de la Silicon Valley : interconnaissance, coopération, perméabilité avec d’autres milieux notamment artistiques, faibles coûts des locaux d’activités et capacités à faire « sous le radar » des initiatives publiques officielles comme celle de la French Tech11. Ces initiatives de (re)prise de pouvoir se heurtent néanmoins à de nombreux obstacles.

Se saisir des espaces vacants : ressources et expérimentations

Dans les villes en décroissance, les multiples espaces vacants suscitent des réflexions qui interrogent les logiques contemporaines de production des espaces urbanisés, combinant valorisation et dévalorisation (Arab et Miot, 2020). À Saint-Étienne, en deçà d’opérations visibles et somme toute ponctuelles (Manufrance, Manufacture d’armes, ou, dans le registre des friches culturelles, Ursa Minor), l’investissement des espaces délaissés dans la ville, loin d’être prédominant, relève parfois d’initiatives individuelles ou collectives de proximité. Ainsi, dans le quartier de Tardy, des habitants et habitantes impliqués dans l’amicale laïque ont investi, de manière informelle, un espace issu d’une opération de démolition et y ont installé un jardin, des tables et des chaises, et des jeux pour enfants. Dans celui du Crêt de Roch, où un programme de rénovation urbaine est engagé par la Ville de Saint-Étienne et par l’Epase, un collectif d’habitants et habitantes de la rue Neyron, soutenus par l’amicale laïque du quartier et l’association Rues du développement durable (RDD), a interpellé l’Epase pour avoir accès à un terrain de la friche industrielle dite « Charvin » (du nom de l’ancienne entreprise de mécanique générale qui y était installée). En 2019, une convention de mise à disposition du terrain a été signée entre l’Epase et l’amicale laïque. Sur cette friche insérée dans un tènement de grande ampleur en attente de projet, des jeux pour enfants, un poulailler et un jardin ont été aménagés. Ils accueillent activités quotidiennes et évènements festifs culturels.

Au-delà de ces exemples, l’existence de failles, d’interstices urbains, associée à la relative faiblesse du contrôle public ou privé sur ces espaces12, permettent à des acteurs et actrices, « artistes-habitants » (Trigano, 2015) ou habitantes, d’investir la ville et ses espaces vacants comme un « terrain de jeu »13, mettant en avant les valeurs d’usage et la satisfaction de besoins tels que l’accès à un espace (vert) extérieur, le rafraichissement de la ville via la végétalisation généralisée des friches et autres « dents creuses », un coin de terre cultivable voire une aire de stockage ou de mise au rebut. C’est par exemple la réflexion sur les besoins des habitants et habitantes de ce quartier péricentral qui a conduit des acteurs et actrices proches de l’amicale laïque du Crêt de Roch (dont Artisans du Monde et une coopération de solidarité internationale, Solicoop) à créer en 2009 l’association RDD. Confrontées à la fois à la vacance omniprésente des rez-de-chaussée et au « foisonnement de projets artistiques, associatifs, sociaux, solidaires, qui cherchent des locaux sans arriver à s’installer »14, ces personnes engagées inventent un positionnement intermédiaire entre propriétaires – réticents à louer leurs biens, voire insaisissables – et porteurs de projet à la recherche d’alternatives aux modalités classiques de l’aménagement et au système capitaliste. L’association tente de transformer la présence d’espaces vacants d’un problème en une opportunité, avec la volonté d’inventer des « niches d’innovation » localisées, fondées sur les valeurs d’usage existantes et fondatrices de coopération et d’entraide, au travers d’activités relevant de l’économie sociale et solidaire (Timstit et al., 2021).

Hybridation des héritages ouvriers et de nouvelles formes d’engagement

Dans les différentes formes d’investissement d’espaces vacants relevées dans la partie précédente, le rôle de deux amicales laïques a été mentionné. Dans les quartiers de Tardy et du Crêt de Roch, comme dans ceux de Bellevue (amicale Michelet), Côte Chaude, Jacquard (amicale Chapelon) ou Terrenoire, les amicales, issues de la volonté de former une jeunesse laïque face aux « velléités dominatrices de l’Église catholique » (Heurdier, 2018, p. 89) dans le dernier quart du 19e siècle, sont des acteurs structurants. Créée en 1924, inscrite dans le mouvement d’éducation populaire, l’amicale laïque du Crêt de Roch est incontournable dans le quartier (et au-delà, dans la ville), ne serait-ce que par l’importance de son secteur périscolaire qui concerne en 2022 plus de 120 familles adhérentes. Appuyée sur des moyens financiers limités et un nombre réduit de salariés, mobilisant un large réseau de bénévoles, elle accueille des collectifs tels que « Les cris du quartier », association créée en 2015, vigilante face au risque de gentrification15. En 2005, l’actualisation de ses statuts lui a permis d’inscrire dans son projet l’appropriation des enjeux environnementaux, interprétés comme des vecteurs de transition économique et sociale.

Dans ces amicales, le militantisme se recompose par hybridation de formes ouvrières anciennes, notamment liées au Parti communiste français (PCF), et de nouveaux modes d’engagement, reposant largement sur « un militantisme local de jeunes urbains diplômés16 », revendiquant la bannière de la « solidarité »17 et l’héritage des valeurs populaires et ouvrières. Ces dernières continuent d’imprimer leur marque sur la ville, tant en raison de la permanence de certaines organisations ou de réseaux qui leur sont liés (ceux du PCF, partiellement réinvestis dans le Front de gauche, le mouvement de La France insoumise, ceux de l'antifascisme), que de la prégnance des représentations sociales des solidarités populaires et ouvrières. On observe ainsi le ralliement de militants et militantes « historiques » à des dynamiques éloignées des partis politiques, associatives, collaboratives, attachées à la lutte contre les cloisonnements sociaux et géo-économiques (De la ferme au quartier, La Fabrique de la transition, Collectif de solidarité alimentaire, etc.) et au principe délibératif. Dans ces mobilisations, les « vieux militants » s’allient avec des personnes plus jeunes (entre 22 et 35 ans), plus diplômées (souvent détentrices d’un master), plus mobiles et connectées à des réseaux nationaux voire internationaux, majoritairement issues des classes moyennes « blanches » et, pour la plupart, pas originaires de Saint-Étienne (Gueller, 2022). Les personnes mobilisées, « anciennes » comme plus jeunes, se retrouvent sur des postures communes telles que la critique en acte de la vie quotidienne (Pruvost, 2017), l’ancrage local de l’engagement et son orientation vers l’invention d’alternatives localisées : économies alternatives (monnaie locale, accorderies), circuits courts alimentaires (Amap, réseau de vente « De la ferme au quartier »), supermarché coopératif (La Fourmilière), ateliers collectifs de bricolage et recyclage, soutien aux personnes exilées, etc. À travers ces expériences proches des « utopies concrètes » de Lefebvre (2009, p. 100), elles construisent des dispositifs économiques aux marges du système capitaliste, susceptibles d’améliorer la qualité de vie d’habitants et d’habitantes aux revenus limités ou précaires.

Des obstacles cognitifs, politiques et techniques

Les obstacles sont nombreux. Ils sont d’abord liés à des logiques d’action ancrées dans le paradigme dominant de l’« entrepreneurialisme urbain » (Harvey, 1989), qui s’est imposé à Saint-Étienne au milieu des années 1990, avec les municipalités conduites par M. Thiollière. À l’échelle nationale, le tropisme métropolitain domine les politiques territoriales malgré un tournant récent en direction des villes petites et moyennes, une manière de se préoccuper de la décroissance urbaine sans le dire (Dormois et al., 2021). La prégnance du paradigme développementaliste persiste, à Saint-Étienne comme ailleurs, quelle que soit la couleur politique des municipalités successives, malgré quelques inflexions concernant les publics attendus (Sala Pala et Morel Journel, 2013). Et si la démolition, jadis mal assumée, est aujourd’hui revendiquée par la municipalité, la motivation politique qui la sous-tend relève davantage de l’assèchement du marché que de l’amélioration de la condition urbaine des habitants et habitantes toujours là18. Parmi les instruments de ces politiques urbaines d’attractivité, l’Epase développe, depuis 2007, de grands projets d’urbanisme dans le cadre d’une Opération d’intérêt national (OIN) (Morel Journel et Pinson, 2012). Il a initialement privilégié des interventions visibles, à fort potentiel de revalorisation, dans une gamme classique (quartier de gare, quartier « créatif », entrée de ville), tout en intervenant – plus modestement – en quartiers anciens. Outil puissant de mise aux normes métropolitaines, il conforte l’agenda local focalisé sur l’attractivité et la stabilisation de la courbe démographique, même si son action ne peut être réduite à cela.

D’autres freins à la prise en compte des initiatives et paroles des habitants et habitantes sont propres aux (in)capacités des technostructures locales, tant municipales que métropolitaines (Béal et al., 2010), la tendance étant aujourd’hui à la mutualisation à marche forcée des services. Si la faible capacité locale en ingénierie est, à l’origine, une des raisons qui motivent la création de l’Epase, ce sont aujourd’hui davantage des formes d’étranglement des forces et des capacités d’action des services par les contraintes financières qui dominent. Dans une configuration de gouvernement municipal et métropolitain dirigiste, la combinaison d’un contrôle politique fort et de faibles moyens conduit à l’étouffement d’interpellations stratégiques de la part des techniciens et techniciennes et partant, à de faibles aptitudes à l’inventivité en matière de politiques publiques (Chavassieux et al., 2021), le tout renforcé dans le contexte de la situation judiciaire du maire actuel qui contribue à l’affaiblissement des capacités politiques de la Ville et de l'établissement de coopération intercommunale, Saint-Etienne Métropole.

Des inflexions récentes dans les politiques locales doivent cependant être mentionnées, même s’il est trop tôt pour en analyser les effets. La Ville a mis en place une politique de lutte contre la vacance des rez-de-chaussée commerciaux articulant différents outils : création d’une société foncière d’immobilier commercial à l’initiative de l’Epase (2020), d’une taxe sur les locaux vacants combinée à des aides à la rénovation (2022), attention – toutefois plus technique que politique – aux réflexions et aux actions de RDD et du Crefad-Loire sur la question. Du côté de l’Epase, les tensions entre une feuille de route dominée par les enjeux d’attractivité et la prise en compte de la situation locale sont présentes depuis sa création (Morel Journel et Pinson, 2012). Dans la période récente, des changements à la fois organisationnels, socio-professionnels (Guilloteau, 2020) et liés à la prise en compte des enjeux environnementaux (Johnson, 2023), conduisent à accompagner des collectifs (jardin Denfert, friche Charvin, rue Neyron) en lien avec les acteurs et actrices portant les actions évoquées plus haut. On pourrait voir dans ces inflexions des ferments de construction d’une nouvelle approche de la transformation urbaine ; cette hypothèse est toutefois contrariée par la fragilisation du tissu associatif, mis à mal par les évolutions des politiques nationales et les baisses des subventions municipales (- 15 % estimés en 2023).

Conclusion

Au bout du compte, le détour stéphanois contribue à éclairer les spécificités des expériences de l’habiter et des mobilisations pour la transformation urbaine dans les villes en décroissance. Loin de la « métropole attractive », vivre dans une ville en décroissance, c’est faire une expérience spécifique en tant qu’habitant ou habitante : celle, sensible, de la présence des espaces vides, de la transformation du peuplement urbain, et de la stigmatisation de son lieu de vie ; et aussi celle, matérielle, d’une ville relativement accessible aux personnes à bas revenus. Ces singularités sont vécues différemment selon la place occupée dans la stratification sociale (selon la classe, la race, etc.) et les modes de subjectivation des expériences. Le contexte des villes anciennement industrielles en décroissance est par ailleurs caractérisé par un système de ressources spécifiques sur lesquelles des habitants et habitantes s’appuient pour transformer la ville et y développer des alternatives aux options développées par les pouvoirs publics et les acteurs du capitalisme. Des actions ponctuelles ou plus ou moins pérennisées dans le temps et dans l’espace ont ainsi émergé dans les fissures de l’ordre urbain. Elles sont portées par des collectifs qui, malgré les nombreux obstacles rencontrés, cherchent à constituer ces fissures, souvent incarnées par la vacance et le délaissement, en opportunités pour (re)faire la ville autrement que selon le mode capitaliste de production de l’espace.

Références
  • Arab Nadia et Miot Yoan (dirs), 2020, La Ville inoccupée. Enjeux et défis des espaces urbains vacants, Paris, Presses des Ponts.
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