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Couverture de À l'ombre des métropoles (Édul, 2026) Show/hide cover

Des territoires et des jeux d’acteurs à l’ombre des écoquartiers : la filière bois-forêt

Territories and Stakeholder Dynamics in the Shadow of Eco-Neighborhoods: the Wood-Forest Sector

Nous tenons à remercier Oliver Favrel et Franck Guêné qui ont participé à cette étude. Nous sommes également redevables à l’ensemble des interlocuteurs qui nous ont consacré un peu de leur temps pour nous faire découvrir leur manière d’envisager la forêt, le bois et le changement climatique. Le personnel du Parc naturel régional des Vosges du Nord a été à cette occasion d’une grande disponibilité.

La ville durable participe d’un grand récit urbanistique (Levy, 2009 ; Mager et Matthey, 2015) qui se décline en de multiples opérations (quartiers, bâtiments durables), se voulant à la fois universel et systémique par son traitement simultané de différentes composantes. Le traitement de la durabilité par les acteurs de la ville (décideurs publics, architectes, ingénieurs…) cherche à donner à voir un engagement fort pour l’environnement, à rendre intelligible aux habitants et aux usagers par des gestes architecturaux et des choix opérationnels, une politique publique de préservation de la biodiversité et de minimisation des impacts (Cadiou, 2008). Selon cette logique, le recours à des matériaux biosourcés constitue un passage obligé de cette narration dans laquelle la construction en bois s’impose comme la concrétisation du discours qui la légitime. Le bois assure ainsi une mise en visibilité d’une certaine idée de la transition écologique et s’affiche comme la signature par excellence de l’architecture durable (Goss, 1988).

Le matériau « bois » apparait paré de toutes les vertus non seulement face au changement climatique, d’une part, mais aussi comme un levier de mobilisation des ressources « locales », d’autre part. Il se doit cependant d’être questionné au regard d’un certain nombre d’épreuves au sens de la sociologie pragmatique (Nachi, 2015). La généralisation des usages du bois comme parement et structure impose de s’interroger sur ses origines, car derrière le bois se cache la forêt. Et plus encore un agencement spécifique d’acteurs humains/non humains qui sont structurés à plusieurs niveaux (les territoires forestiers, mais aussi la/les filières bois) – niveaux qui ne se recoupent pas toujours. En effet, la filière forêt-bois n’est pas toujours territorialisée quand on regarde de plus près les cheminements de la ressource et les approvisionnements des différents corps de métier de la filière (Ramage etal., 2017).

C’est pourquoi émergent à la fois des discours et des actes tant des aménageurs que des professionnels de la filière forêt-bois pour mieux circonscrire cette carrière du bois (entendue comme les différentes étapes d’aménagement forestier, d’extraction de la ressource et de transformation et donc de préhensions/transformations par des acteurs très différents) et créer des passerelles entre les organisations, les métiers et les acteurs du matériau. Structurer des filières territorialisées qui puissent nourrir les grands projets urbains affichant une utilisation importante du bois devient un leitmotiv pour les collectivités locales et autres aménageurs (Klaas, 2021). Cette préoccupation ne se limite pas seulement aux territoires métropolitains, de plus en plus consommateurs de bois, mais s’étend aussi aux territoires ruraux et forestiers, potentiels espaces d’approvisionnement. De leur point de vue, la valorisation du bois peut alors être considérée comme un moyen de repenser le développement territorial, d’organiser de nouveaux rapports entre les métropoles et leurs hinterlands (Bouba-Olga et al., 2017 ; Rudolf et Gobert, 2018). Cette volonté convergente sur le papier ne l’est pas nécessairement dans les actes, en raison notamment de nombreux verrous à la formation de filières locales susceptibles de suivre la demande métropolitaine1. Ainsi, territoires approvisionneurs et territoires consommateurs n’ont pas toujours d’espaces d’interaction et de négociation et doivent les faire émerger, s’ils souhaitent faire converger leurs intérêts. Aussi cette volonté se manifeste-t-elle par la structuration de nouveaux collectifs, de nouveaux arrangements.

La mise en visibilité de la durabilité des métropoles invite le chercheur à investiguer d’autres scènes, celles où le bois devient matériau et ressource (Eggrickx, 2016). Cet article interroge ainsi les conditions d’émergence de ces scènes et la manière dont des territoires et des acteurs aux franges des métropoles (plus particulièrement des communes forestières, des établissements publics ou des structures associatives réunissant acteurs privés et publics) se positionnent en soutien aux métropoles et aux écoquartiers.

Dans un premier temps, nous explorerons ce que nous raconte le bois comme matériau de construction de plus en plus utilisé et mobilisé comme signal de construction durable. Dans un deuxième temps, nous présenterons la méthodologie et les projets sur lesquels cette contribution s’est appuyée. Dans un dernier temps, nous mettrons en visibilité les disjonctions entre la ressource bois et les acteurs, ainsi que les difficultés que ces derniers connaissent à créer les conditions d’un ancrage local de la valeur ajoutée issue de l’exploitation et de la transformation du bois. Nous finirons en mettant en avant les angles morts de cette action plurielle : la vulnérabilité des écosystèmes forestiers et la résistance des éléments naturels à se laisser entièrement domestiqués, comme le montrent les débats qui opposent les acteurs de la gestion forestière (Maris, 2018 ; Averbeck etal., 2021).

Le bois comme symbole de durabilité

Ville durable et mise en visibilité de certaines ressources

L’urbanisme durable s’édifie par l’expérimentation et des choix emblématiques comme celui du choix de matériaux et de dispositifs de construction jugés moins énergivores. Le recours à des ressources naturelles comme le bois dans la construction signe un engagement vers l’environnement, la lutte contre le changement climatique et vers la nature – puisque le bois est une ressource pensée comme naturelle (Rotillon, 2019 ; Rudolf, 2022). Aussi le paradigme de la durabilité appliqué à la ville redéfinit-il ce qu’il faut montrer ou cacher. Ce n’est pas nouveau, le génie civil a longtemps rendu invisibles les ressources indispensables à l’urbanité par des techniques de gestion et de rejet selon de multiples modalités (réseaux souterrains, approvisionnement hors des heures diurnes, etc.) (Monsaingeon, 2017). Dans sa grande généralité, l’urbanisme durable procède partiellement à la mise en visibilité des flux et des ressources en jeu dans le métabolisme urbain. Certaines ressources (Aubert, 2020), qui deviennent des étendards des principes que le développement durable cherche à incarner (favoriser la biodiversité, renouer le lien à la nature, etc.). Ainsi les biomatériaux ou matériaux biosourcés (bois, paille, chanvre…) sont-ils particulièrement appréciés parce qu’ils ne proviennent pas de la transformation d’énergies fossiles et qu’ils sont renouvelables (Gobert, 2018). Ils permettent potentiellement une reconnexion des « villes » avec leurs hinterlands (via notamment les circuits courts) à l’inverse du schéma des Trente Glorieuses qui a profondément déconnecté et décontextualisé la construction des ressources disponibles (Brenner et Katsikis, 2020). Dans le même temps, sont souvent invisibilisés les processus de production, les problématiques propres à ces nouvelles ressources (cultures intensives, usage d’intrants, « intensification écologique », etc.) (Barbier et Goulet, 2013 ; Kleinschmit etal., 2017).

Le bois dans la construction : redécouverte d’un matériau

Le bois fait partie de ces matériaux mis à l’honneur parce qu’il est considéré comme participant à la lutte contre le changement climatique (Hurmekoski etal., 2015). En outre, il apparait comme une ressource naturelle, renouvelable, particulièrement abondante en France (Triboulot, 2016). Matériau fondamental jusqu’à la fin du 19e siècle, il était devenu obsolète sous la pression de différentes contraintes. L’apparition du béton armé et de l’acier, matériaux qui ont permis de répondre à la volonté d’expansion de la fabrique de la ville (Simonnet, 2005), l’émergence de nouveaux modèles économiques privilégiant la réduction des coûts de construction par la standardisation et la rapidité d’exécution sont autant d’« arguments » qui ont contribué à son recul, voire à son éviction du secteur du bâtiment.

Actuellement, un cheminement inverse, porté notamment par la lutte contre le changement climatique, se dessine. Comparativement à ces matériaux, qui restent encore majoritairement utilisés, le bois est valorisé car il permet la séquestration du carbone (Boulier et Simon, 2010 ; Deroubaix etal., 2012 ; Hildebrandt etal., 2017) même après l’abattage de l’arbre. Parallèlement à cet atout, le matériau bois est également présenté comme un excellent matériau d’isolation phonique et thermique2. À ce titre, le bois enregistre un certain capital sympathie. Il apparait comme un matériau noble, symbole de confort et d’authenticité, participant de la promotion de la ville durable et d’un habitat sain.

Toutefois, la construction déployant le bois en structure, qu’elle concerne des opérations neuves, ambitieuses en quantité et en qualité au regard de ce qui fait usuellement (Jaeger etal., 2017) ou des opérations de réhabilitation du foncier vétuste (comme on en trouve dans certaines petites villes des vallées vosgiennes), constitue un champ d’expérimentation encore en développement. Dans un esprit d’économie circulaire et de proximité, la volonté de circulariser les flux afin de diminuer l’impact environnemental et de créer de la valeur ajoutée localement pousse les collectivités, entités organisatrices des territoires – comme les parcs naturels régionaux et les acteurs de la filière forêt-bois – à trouver des trajectoires innovantes pour éviter la fuite de la matière première à l’international. Ces innovations relèvent à la fois de recherches techniques, mais aussi organisationnelles, pour consolider l’ancrage socio-spatial des différentes activités (Rakotovao etal., 2017) nécessaires à l’implantation de la ressource bois dans le paysage urbain. Pour autant le bois continue à connaitre quelques freins dans son utilisation pour la construction (Stocchero et al., 2017). Ainsi ses propriétés esthétiques sont-elles parfois mises à mal au regard des changements d’apparence qu’il connait au gré des événements météorologiques. De même, les normes de construction limitent à ce jour son usage, notamment en structure. En outre, la représentation sociale du bois associe souvent ce matériau à une moindre sécurité face au risque d’incendie (Hameau, 2019 ; Brenon, 2019).

Aussi le bois incarne-t-il un symbole de durabilité dans le paysage souhaité de la transition écologique des filières forêt-bois, construction et fabrique urbaine. L’engagement de la transition écologique de ces filières dépend cependant de l’entrecroisement de reconfigurations respectives au sein de chacune de ces filières. Ainsi, les différents acteurs – décideurs publics et responsables de filières, ingénieurs, aménageurs et architectes notamment –, engagés dans chacune d’elle et à leur intersection, se doivent de jouer des partitions complexes pour promouvoir les conditions d’une telle transition.

Présentation des études de cas et méthodologie

Étude de démarches valorisant la filière et la construction bois

Nous avons souhaité nous appuyer sur les actions entreprises sur un même territoire, celui du Bas-Rhin, par des acteurs publics et privés travaillant ou valorisant le bois et la forêt. Ces actions ont d’abord été lancées séparément avant d’être mises en discussion : (a) l’îlot démonstrateur bois à Strasbourg, (b) l’écriture de la charte du Parc naturel régional (PNR) et (c) les impulsions données par la communauté de communes de Sauer-Pechelbronn via la création d’une nouvelle association. Chaque démarche a cherché à articuler la logique de filière bois locale avec le territoire et ses ressources à des échelles différentes (Lenglet, 2018) :

  • (a) L'Eurométropole de Strasbourg s’est inscrite dans une démarche Écocité soutenue par l’État ; face aux défis du changement climatique et de l’attractivité urbaine, cette approche vise la mise en œuvre de stratégies territoriales ambitieuses en termes de développement durable. L’« îlot démonstrateur bois à bilan bas carbone », situé dans le quartier du port du Rhin, fait partie de ce grand projet urbain. Les acteurs du projet promeuvent à la fois l’usage de matériaux considérés comme moins énergivores que les matériaux traditionnels du secteur de la construction depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (dont le béton) (Forty, 2016) et cherchent à dépasser les standards environnementaux actuels. Cette ambition a exigé de nouveaux modes de travail à la fois en interne de la collectivité, mais aussi dans les modes de collaboration avec les partenaires extérieurs : promoteurs, pôle de compétitivité, entreprises… De nouveaux arrangements institutionnels ont pu voir le jour à travers, par exemple, la mise en place d’un service de qualité.
  • (b) Créé en 1975, le Parc naturel régional des Vosges du Nord3 s’étend entre la plaine du Rhin et le plateau Lorrain sur 127 666 hectares, dont 83 525 hectares de forêts et 15 955 hectares d’espaces protégés. Le PNR s’est lancé en 2017 dans le renouvellement de sa charte forestière de territoire, document d’initiative locale, construit collégialement avec les acteurs du territoire. Il se nourrit en préalable d’un diagnostic de la situation afin d’intégrer la problématique forêt-bois dans un projet de développement local et de définir des axes d’actions sur plusieurs années. Il s’agit de gérer durablement la ressource en préservant les différentes fonctionnalités de la forêt (écosystémiques, récréatives, économiques, etc.), d’optimiser la valorisation des essences locales tout en sécurisant les entreprises et en augmentant la création de valeur pour le territoire.
Carte

Source : J. Gobert et F. Rudolf

  • (c) L’association Synergie Bois Local (Synbol) Alsace/Vosges du Nord a émergé grâce à l’initiative d’acteurs locaux du bois situés dans le PNR, considérant qu’ils ne se connaissaient pas assez et que pour construire des perspectives locales solides il fallait unir les efforts. Elle regroupe donc des professionnels de la filière forêt-bois locale (charpentiers, constructeurs de maisons à ossature bois, bureau d’étude, scieurs…) et compte trois membres de droit : le PNR des Vosges du Nord, la communauté de communes de Sauer-Pechelbronn et la communauté d’agglomération de Haguenau. Deux projets ont ainsi vu le jour. Le premier concerne la construction d’un bâtiment pilote visant à innover à la fois sur une forme d’habitat alternative à la maison individuelle (l’habitat individuel dense) et la mise en œuvre des ressources locales, principalement la paille, le hêtre et le pin sylvestre4. Dans le cadre du pôle d’excellence rurale « Dynamiser l’économie de l’habitat durable, fondée sur la valorisation des ressources locales », porté à l’échelle du PNR des Vosges du Nord, l’association a eu recours à du bois présent sur les forêts communales du territoire. Afin de garantir la traçabilité des bois mis en œuvre, la communauté de communes a scindé leur processus de transformation en lots particuliers : achat de bois provenant de forêts locales (Froeschwiller pour le hêtre, Wingen pour le pin sylvestre), prestations de sciage et séchage, de fabrication de lamellé-collé, de mise en œuvre des bois transformés sur le chantier (structure bois, menuiserie). Le deuxième projet repose sur le constat d’un manque d’entreprises industrielles locales capables de transformer les bois en produits techniques élaborés (aboutés, lamellés-collés) qui puissent être ensuite utilisés par la seconde transformation sur le territoire. D’où la construction d’un bâtiment devant accueillir de telles activités. Cependant le contenant ne faisant pas le contenu, le projet a été revu et accueille deux entreprises, qui ne correspondent pas tout à fait au projet initial (l’une réalisant des prestations de taillage de bois, l’autre réalisant des bâtiments à ossature bois).

Ces actions menées dans le milieu urbain dense de Strasbourg et dans un milieu rural en périphérie témoignent de l’intérêt voire de la nécessité d’une articulation entre la métropole et son hinterland et de l’importance de scènes locales organisatrices du dialogue, permettant de déboucher sur des convergences entre acteurs sur certains projets comme les chartes du PNR et de la construction bois (fig. 2). Les petites communes forestières jouent un rôle stratégique, en raison de leur position médiatrice entre les acteurs de la ressource (amont de la filière) et les carnets de commandes (aval de la filière). Elles s’inscrivent ainsi pleinement comme parties prenantes du PNR et de projets permettant l’intersection entre filière bois et développement du territoire, comme en témoigne leur participation active à l’association Synbol.

Schéma

Source : J. Gobert, 2018

Méthodologie

Ces projets ont été travaillés au travers d’une enquête de terrain menée dans le cadre du projet Interreg Clim’Ability5 qui reposait sur une quinzaine d’entretiens semi-directifs, réalisés entre juin 2017 et avril 2018 auprès des collectivités publiques, de gestionnaires forestiers publics et privés, de scieries, d’une fédération interprofessionnelle, d’acteurs de la seconde transformation (annexe 1). L’analyse des données ainsi obtenues a été complétée par l’observation participante des processus d’élaboration de la charte du PNR des Vosges du Nord qui a permis de comprendre les interactions entre les représentants de la filière, du PNR des Vosges du Nord et ceux de l’EMS (2017-fin 2018).

La démarche d’enquête repose, projet après projet, sur des entretiens qualitatifs, adossés à des méthodologies issues d’autres disciplines en raison du caractère transdisciplinaire du consortium. Reviennent de manière récurrente des interrogations relatives à la manière dont les acteurs pensent le changement climatique, les actions individuelles ou collectives qu'ils envisagent possible ou non d’entreprendre, relativement à l’adaptation ou à la mitigation, etc. L’enjeu étant l’identification, par ces questionnements, de l’existence ou non de collaborations entre acteurs à différentes échelles du territoire, de la filière ou des deux simultanément. Ce travail avait également pour but de préciser comment les projets menés sur les petites communes pour valoriser le bois trouvaient ou non un écho pour la métropole qui cherchait (et continue) à promouvoir le bois comme matériau.

La construction bois : des coulisses peu visibles

Derrière la construction et l’architecture bois, n’apparaissent pas les coulisses, mises hors récit : la forêt gérée et exploitée, les kilomètres parcourus par la ressource, les acteurs de la filière qui peinent à se structurer sur un marché international, les efforts entrepris par les communes (donneurs d’ordre, maitres d’ouvrage) pour créer des marchés propices à l’intégration locale de la filière. C’est pourquoi le signal de durabilité envoyé par le bois demande à être décomposé et décrypté : qui structure le matériau bois sur le département ? Qui cherche à tisser de nouvelles passerelles à la fois entre les acteurs du bois et les territoires ? Malgré les nouvelles passerelles qui se font jour pour promouvoir le bois, ces efforts peuvent-ils réellement surmonter la problématique du changement climatique et de son effet sur les forêts ?

Une filière non territorialisée

Le bois comme matériau signal de l’urbanisme durable est souvent déconnecté des processus de production et de transformation qu’il subit en passant d’un stade à un autre, en étant manipulé d’un corps de métier à un autre. On ne voit que le produit final, posé ou directement utilisable. Certains labels certifient la provenance de forêts gérées durablement (PEFC – FSC6), mais ne disent rien sur la proximité de la ressource, sur les kilomètres qu’elle a parcourus et l’énergie nécessaire pour apparaitre sous la forme d’un matériau (Cardebat et Sionneau, 2012). L’usage du bois est le témoin d’une série de déconnexions que nous nous attachons à comprendre, déconnexions d’autant plus nombreuses que la chaîne de valeur est longue et les intermédiaires sont nombreux.

L’une des premières déconnexions se matérialise par la non-connaissance par les urbanistes/architectes des essences présentes sur leur territoire d’activité. Plus encore, il existe un déficit de connaissances sur la réalité des capacités du territoire forestier proche, considéré comme potentiel « fournisseur » de la ville, par les acteurs de l’urbanisme et de la construction de la ville. Aussi ces derniers peuvent-ils nourrir des attentes à l’égard d’une ressource et d’une filière que celles-ci ne sont pas toujours en mesure de remplir. En l’espèce la capacité des entreprises à répondre aux appels d’offres de l’Eurométropole de Strasbourg en termes de production et de quantité n’est pas atteinte à l’heure actuelle, non seulement pour des raisons organisationnelles (filière), mais aussi de disponibilité de la matière ligneuse :

On a « naïvement » pensé que de tels projets pouvaient structurer une filière. Qu’on pouvait structurer une filière surtout sur des projets innovants. Or, sur de tels projets, on ne fait pas forcément travailler des entreprises locales et du bois local. [Cheffe de projet EMS, entretien, mars 2018]

Le cheminement de la ressource, de sa gestion à son utilisation, montre aussi l’ampleur des disjonctions entre le matériau et les acteurs. Le premier acteur dans cette chaîne de valeur est le sylviculteur qui va décider du type de gestion forestière à opérer et chercher à valoriser au mieux ces arbres auprès de scieurs ou de négoce. Sa gestion intègre une dimension de long terme, peu présente chez les autres acteurs de la filière, un arbre demandant plusieurs décennies pour croître. En outre, étant donné la temporalité de production du bois, la planification forestière prend en compte un certain nombre d’incertitudes et d’aléas : méconnaissance sur la valorisation de telle ou telle essence sur les marchés à long terme, impacts du changement climatique, qui rendent vulnérables certaines essences, particulièrement utilisées dans la construction aujourd’hui (comme l’épicéa).

Une fois le bois extrait suite à l’intervention d’entreprises de travaux forestiers, spécialisées dans l’abattage des arbres, les grumes sont prises en charge par les acteurs de la première transformation (ou par des industriels qui produiront des copeaux pour de l’énergie, du panneautage ou de la fibre pour pâte à papier).

Les produits générés par les scieurs et industriels sont ensuite redirigés vers des entreprises de la seconde transformation qui structurent des produits techniques que les fabricants comme les charpentiers ou les menuisiers utilisent ensuite dans leurs conceptions. Tout au long de son parcours, la ressource est transformée et change de nom pour finalement être mise sur le marché sous la forme de différents produits. Cette carrière de la ressource répondant à différentes injonctions en termes de qualité, d’esthétique et de prix peut se faire à des échelles très larges. De l’arbre abattu en Alsace au produit posé en construction, le bois a pu être transporté et transformé dans d’autres pays européens voire en Asie, au gré des marchés. L’export des grumes vers la Chine, la Belgique et l’Allemagne fait fuir une partie de la valeur ajoutée hors du territoire, d’où la mise en place de contrats d’approvisionnement notamment sur le chêne entre l’Office national des forêts (ONF) et les scieries. Cependant, de tels contrats d’approvisionnement sont dépendants de l’identification et de l’existence de chantiers sur place. L’identification de carnets de commandes à court, moyen et long terme par les communes forestières constitue un des leviers d’ancrage de la ressource dans une filière intégrée localement.

Les difficultés de l’approvisionnement local du bois pour les utilisateurs finaux s’expliquent également par différentes tensions. Sur la première transformation (sciage du bois), les entreprises sont des petites structures, très fragiles (notamment au moment des cessions), qui ne produisent pas de bois techniques (aboutés, lamellés-collés) de plus en plus demandés. Elles souffrent en outre d’une faible capacité de stockage. Aussi subissent-elles de plein fouet la concurrence internationale sur les prix et les délais de livraison. Sur la seconde transformation (menuiserie, charpenterie…), il est difficile de s’approvisionner localement étant donné les besoins de bois techniques et de produits standards et variés, sur des volumes importants. Selon Ballu (2017), la progression de la demande en construction bois demande de repenser la mobilisation de la filière bois si l'on ne veut pas devoir faire appel à du bois importé. D’où ces tentatives de mise en cohérence entre acteurs publics et privés et de territorialisation de leurs activités. La création d’organismes comme Synbol, au service de ces efforts de structuration entre collectivités locales et entreprises, confirme les enjeux de la relocalisation de la filière forêt-bois et, par-delà ce cas particulier, ceux de l’économie circulaire (Gobert et Rudolf, 2023).

Les frictions et arrangements socio-spatiaux entre acteurs 

Les déconnexions sont connues des acteurs car elles ont pu être mises en évidence au travers de différents projets, dont l’un des enjeux était que les territoires de production et de consommation se rapprochent et soient au plus près des dynamiques forestières. La charte du PNR et les différents projets de construction cités ont créé l’opportunité de rencontres et l’instauration d’un dialogue entre les différents maillons de la filière. Cette dynamique est indissociable d’une histoire industrielle diversifiée qui perdure à travers différents maillages en termes d’infrastructures, de compétences et d’établissements humains. Le territoire s’organise autour de différentes centralités qui lui confèrent une certaine autonomie, même relative à l’égard de la métropole.

Les différentes stratégies mises en place sont à l’intersection de deux trajectoires de compétitivité dégagées par Sergent etal. (2019)7. Des axes d’action collective ont pu ainsi voir le jour pour mieux circulariser les flux de la matière bois. Les acteurs publics, privés et semi-publics ont fait montre d’une volonté importante, en misant sur des projets démonstrateurs, pour lever certains freins juridiques (faire avancer les normes de construction notamment pour le hêtre8 ; diviser en lots les marchés publics pour les rendre plus accessibles aux entreprises locales9) et dans l’espoir que la valeur créée par le bois et son utilisation soit redistribuée à l’échelle locale.

Dans le cas du projet porté par l’Eurométropole de Strasbourg, le succès du projet dans sa réalisation de l’îlot bois s’est également accompagné de la non-concrétisation de certains objectifs, comme la mobilisation du bois et des entreprises locales. C’est pourquoi la métropole a cherché à partir de 2017 à restructurer ses alliances locales (avec l’interprofession et le PNR), à organiser un certain nombre d’échanges formels et informels et s’est évertuée à institutionnaliser une relation plus systémique et opérationnelle via une charte pour être en mesure de mieux satisfaire les principes de durabilité et d’économie circulaire.

Dans le cas des projets pensés par la communauté de communes Sauer-Pechelbronn, le PNR des Vosges du Nord, l’association Synbol (réunissant des acteurs de la filière bois sur le périmètre du PNR) et l’intercommunalité ont uni leurs efforts pour mieux valoriser le bois de hêtre. Cette essence est en effet majoritairement présente dans la forêt du PNR des Vosges du Nord, mais sous-utilisée par rapport à la quantité disponible et sous-valorisée. Plusieurs acteurs (laboratoires, entreprises) ont donc développé des procédés de transformation du bois de hêtre en produits techniques pour la construction par le biais d’un démonstrateur d’habitat individuel. Ce projet a nécessité à la fois la production de nouvelles connaissances et de nouveaux savoir-faire qui demandent encore à s’affirmer. De même, à travers des acculturations réciproques, il a cherché à conjuguer la logique de filière (liens entre les entreprises et des métiers) avec une logique de territoire (liens avec les acteurs appartenant ou agissant sur un même espace) en essayant de structurer de nouveaux ancrages locaux. On retrouve ce même souci pour la réhabilitation des logements vétustes dans les petites communes des Vosges, la mise aux normes de ce bâti constituant un levier d’action non négligeable du point de vue de la consolidation d’une filière forêt-bois locale.

Ces différents projets sur des territoires proches interrogeant l’amont et l’aval de la filière permettent de « créer de nouvelles arènes d’action collective » (Sergent, 2010), tout en permettant aux acteurs – au moins sur certains segments – de s’extraire des contraintes du marché :

On a la chance d’être dans une filière qui se développe… on a la chance d’avoir des portages politiques et une vraie volonté d’aller de l’avant… et de trouver des fonds […]. Tout le monde s’entend et a envie d’aller de l’avant, donc ça c’est vraiment super… par contre, il est parfois compliqué d’accorder les violons de tout le monde… [Entretien avec un représentant de la seconde transformation]

Toutefois, derrière les intentions, plusieurs difficultés sont apparues, contredisant le récit des acteurs impliqués. Ainsi, un certain nombre d’acteurs, représentants historiques de la filière, mettent en doute et n’adhèrent pas entièrement à une telle volonté de promotion du hêtre. Ils s’interrogent notamment sur la pérennité des efforts de valorisation d’une essence rendue vulnérable par les sécheresses et le manque d’eau :

Le seul point où on n’est pas béat devant le hêtre, c’est […] qu’il est clairement sous-payé par rapport à l’essence que c’est, aux caractéristiques qu’elle a et au plan nécessaire, mais qu’il faut intégrer son utilisation par rapport à ce que devrait être son vrai prix quelque part. […] Si le hêtre en structure ça coulait de source, économiquement, techniquement, ça serait sûrement fait. Si on ne l’a pas fait, et qu’on est resté sur le résineux, c’est pour tout un tas de raisons. [Représentant d’une organisation interprofessionnelle de la filière bois-forêt, août 2017]

Ces deux stratégies, l’une menée par la métropole avec la filière et le PNR d’une part, l’autre menée par des entreprises et des collectivités locales aux confins de l’aire métropolitaine d’autre part, montrent une dynamique de travail interterritorial sur l’enjeu du bois : la métropole cherche à dépasser ses propres limites et à mieux comprendre et maitriser le métabolisme du bois, là où la communauté de communes de Sauer Pechelbronn cherche à projeter une de ces ressources sur d’autres usages pour, elle aussi, repenser le métabolisme du bois. Même si les deux projets ne se « rencontrent » pas en tant que tels, ils font partie d’une logique visant à mieux territorialiser la filière bois et à créer des dialogues interterritoriaux.

Les nouvelles trajectoires dessinées par ces acteurs et les collectifs qu’ils ont structurés ne prennent cependant pas en compte les effets du changement climatique sur la forêt que de manière partielle, c’est-à-dire selon la focale qui les intéresse le plus. Ce qui pose la question de la pérennité des arrangements qui sont en train de se structurer.

La forêt confrontée au changement climatique

La forêt du PNR des Vosges du Nord a toujours été soumise à plusieurs types de pressions (Jéhin, 2005)  : défrichage massif, industrialisation, etc. Aujourd’hui, les pressions exercées sur le milieu forestier vosgien dont fait partie le PNR rejoignent une grande partie des préoccupations nationales et de la « tempête silencieuse » (Cattelot, 2020) que connaissent les forêts : forte densité du gibier qui empêche la régénération naturelle et nuit aux plantations, changement climatique, temporalités différentes (celle du gestionnaire forestier, qui de la plantation à la récolte des grumes agit en zone d’incertitude, celle du projet urbain, celle des scieurs et des impératifs du carnet de commandes) et exigences contradictoires des acteurs évoluant sur des scènes identiques ou différentes (milieu rural, milieu urbain), etc. Ces pressions sont mal connues de l’aval de la filière, des consommateurs de bois.

Pourtant, le changement climatique a des incidences réelles sur la forêt. Il se manifeste par l’augmentation de la fréquence des épisodes climatiques extrêmes, particulièrement les sécheresses qui entrainent un stress hydrique pour la végétation. Ce stress a pour conséquence de rendre vulnérables les arbres et favoriser la prolifération d’agents biotiques (parasites et maladies des arbres). Ce qui évidemment à terme pose la question de la pérennité de la ressource (fig. 1), certes, mais aussi de la capacité de résilience du milieu naturel particulier que sont les forêts des Vosges du Nord. À l’exception de l’été 2021, les étés 2019, 2020 et 2022 ont constitué des périodes d’interpellation du grand public car plusieurs médias ont couvert la problématique de la sécheresse et de ses conséquences.

Photographie

Source : J. Gobert, mai 2017

Malgré l’existence de débats sur les conséquences du changement climatique entre forestiers, chercheurs et exploitants (Vallauri etal., 2010 ; Averbeck etal., 2021), force est de constater que la forêt comme habitat et système écosystémique demeure un impensé dans les entretiens concernant les débouchés de la forêt. L’occultation de cette sensibilité à de multiples aléas et les fragilités qui en résultent avant de devenir une ressource potentielle de la filière forêt-bois constituent un des premiers obstacles à la construction d’un chemin de résilience pour les massifs forestiers. Aujourd’hui, le bois promu en construction que ce soit par la métropole, d’une part, ou par la communauté de communes, d’autre part, intègre peu les dimensions amont : la vulnérabilité des espaces forestiers sous pression (changement climatique, exploitation accrue…) et la faiblesse de certains acteurs de la « filière » dans un système concurrentiel international rude. Or, ce qui crée les possibilités de l’interterritorialité entre la métropole, ses projets urbains et les territoires à ses franges, possibles approvisionneurs, c’est ici une ressource, le bois, dont l’origine, la forêt, connait des difficultés intrinsèques. Il existe donc un enjeu à une appropriation plus complète des effets du changement climatique et des processus d’atténuation et d’adaptation entrepris par ces territoires et par les acteurs de la filière.

Penser à une échelle beaucoup plus large la durabilité d’une pratique (l’utilisation du bois dans la construction) oblige ainsi à ne plus seulement penser en termes de matériau, mais aussi d’écosystèmes, de ressource (et donc de vulnérabilité) et de réseaux d’acteurs au-delà de la métropole. L’urbanisme durable, s’il est déconnecté d’une connaissance forte des interdépendances du milieu naturel dont provient cette ressource et des acteurs évoluant sur des scènes différentes (ceux du bois, ceux du projet urbain, ceux de la forêt), peinera à se concrétiser.

Conclusion : Le bois, un lien entre territoires à consolider

Le management des ressources est indissociable de la construction des villes ; une ville durable doit penser les ressources en les réintégrant dans le système socio-spatial et environnemental qui les « construit » (Agudelo-Vera etal., 2011). L’analyse du processus de visibilisation (Boissonade etal., 2008) du bois au travers de bâtiments et d’architecture spécifiques participe d’une mise en récit de la ville durable et circulaire qui cherche à s’approvisionner localement. Mais derrière cette visibilisation se dissimule un ensemble de processus qui ne répondent pas nécessairement à cette narration. En effet, le matériau provient d’une ressource dont le caractère renouvelable, voire illimité, se heurte au cycle long de production de la matière ligneuse. En outre, le matériau n’est disponible et utilisable qu’à la suite de transformations et d’arrangements socio-spatiaux qui complexifient l’accès aux ressources locales et contrarient les intentions des acteurs.

D’où deux enjeux qui dialoguent : d’abord, celui de la nécessité de restructurer les réseaux d’acteurs selon les nouvelles exigences de soutenabilité, soit en termes d’économie des grandeurs selon une maïeutique complexe qui met en jeu des cités contrastées et plus ou moins en compétition entre elles (Boltanski et Thévenot, 2008). Concrètement, cette restructuration consiste en la reconnaissance de la cité domestique et inspirée, au même titre que la cité industrielle et marchande, qui organise largement les discours des acteurs (Averbeck etal., 2021). Cette reconnaissance ne peut être uniquement performative, elle doit être accompagnée de manière à profiter à l’affirmation de nouvelles compétences et formes de coopération entre acteurs au profit de forêts réellement multifonctionnelles et d’urbanité réellement soutenables. Ensuite, celui du dialogue et de la construction de passerelles entre la métropole et les territoires à ses marges, au travers des ressources qui peuvent circuler entre elles (ici le bois que chaque territoire cherche à remobiliser pour la construction), mais aussi des problèmes transcalaires comme le changement climatique.

À ce titre, l’année 2023 a soldé la signature d’un contrat de réciprocité entre l’Eurométropole de Strasbourg, la ville et le PNR des Vosges du Nord, lequel contient un axe dédié au soutien et développement des filières locales dans le domaine de la construction et de la rénovation (en particulier avec la filière bois et les artisans), dans l'objectif de mettre en réseau les savoir-faire et les porteurs de projets, et promouvoir les opérations pilotes (démonstrateurs, etc.). Ce qui illustre une progressive institutionnalisation des arrangements sociaux territoriaux autour de la matière et des savoir-faire. Ce constat se vérifie actuellement sur le terrain du Val d’Argent, élu territoire pilote du projet Clim’Ability Care (Interreg VI, 2023-2026), autour de l’identification d’acteurs critiques de la relocalisation de la filière forêt-bois. Ici encore, les acteurs de la première transformation, les carnets de commande et marchés locaux s’affirment comme les principaux points de passage de la capture locale de la ressource. Cette dernière n’est pas envisageable sans une mobilisation élargie des acteurs locaux, des exploitants forestiers aux métiers de la première et deuxième transformation du bois, en passant par les donneurs d’ordre, collectivités locales en première ligne et leurs clientèles (foyers privés, marchés métropolitains).

Pouvoir discuter de cette recherche au sein du colloque « À l’ombre des métropoles : habiter, travailler, gouverner, innover… » a permis de mettre en exergue la diversité des relations entre métropole et hinterland, qui ne se résume pas à des rapports de domination et d’attractivité. Si la métropole influe fortement les espaces sous son influence éloignée, les territoires périurbains ou ruraux cherchent à définir leurs propres trajectoires (Authier et Bidou-Zachariasen, 2017) grâce à la structuration ou la remobilisation d’acteurs locaux et supra-locaux pour gérer leurs ressources et rester attractifs.

Annexe 1 : Tableau des entretiens

1Parc naturel régional (PNR) des Vosges du NordSyndicat mixte. Groupement de plusieurs collectivités
2HL Infrastructures BoisEntreprise de construction bois en aval de la filière
3Office national des forêtsOrganisme public (Établissement public à caractère industriel et commercial)
4Groupement forestier de la VerrerieEntreprise (gestion et exploitation forestière)
5Gestionnaire forestier Pro SylvaEntreprise (gestion et exploitation forestière)
6FiboisGroupement interprofessionnel des métiers du bois
7Scierie EhrsteinEntreprise en amont de la filière
8Scierie de SteinbourgEntreprise en amont de la filière
9Direction régionale de l’Agriculture et de la ForêtAdministration publique (État)
10Les bois du RiedEntreprise fabricant des structures bois 
11MOB AlsaceEntreprise fabricant des structures à ossature bois
12Entreprise de travaux forestiersEntreprise d’abattage et débardage
13Commune de LembachCollectivité locale
15Architecte travaillant sur l’EMSEntreprise en aval de la filière
16Eurométropole de Strasbourg (EMS)Collectivité locale
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