Cette dernière partie nous invite à prendre de la distance avec la définition démographique des villes petites et moyennes généralement admise. Des « grandes villes » sont ici évoquées, car touchées par des problématiques soulevées précédemment : considérées comme villes intermédiaires sur leur territoire, car en concurrence directe avec une métropole, connaissant une perte d’attractivité, ou encore étudiées par le prisme de leur relation avec l’environnement rural, tous ces terrains sont pourtant analysés comme support d’initiatives plurielles en termes de développement. La contribution de Patrice Diatta, Iratxe Calvo-Mendieta, Hervé Flanquart, et Séverine Frère, nous montre que les décideurs politiques de la ville de Dunkerque se sont engagés vers une politique de développement durable plus ambitieuse qu’elle ne l’était auparavant ; en atteste l’étude des objets sociotechniques mobilisés – notamment le déploiement de sacs de déchets – supposés accompagner la transition écologique. Pourtant, celle-ci ne se fait pas sans résistance, voire incompréhension de certains usagers. Les enjeux de développement durable se traduisent ailleurs par la construction d’écoquartiers, comme l’expliquent Julie Gobert et Florence Rudolf. En prenant pour exemple l’agglomération de Strasbourg, elles invitent le lecteur à décentrer le regard hors de la métropole et à s'arrêter sur les espaces ruraux environnants pourvoyeurs des ressources naturelles nécessaires à ce virage écologique. En étudiant la filière bois, les auteures décrivent les négociations à l’œuvre entre des acteurs en interrelation sur des territoires pluriels, dont une partie est bien souvent invisibilisée. Enfin, Christelle Morel Journel et Valérie Sala Pala proposent de s’appuyer sur le cas de Saint-Étienne – qui connait un processus de décroissance urbaine et qui est en concurrence directe avec Lyon – pour mettre en lumière les nombreuses initiatives portées par des habitants, des collectifs, contribuant à lutter contre les phénomènes de vacance (résidentielle, commerciale, etc.) à l’œuvre dans la ville. Ainsi, à côté d’un « projet urbain » formalisé par les acteurs politiques locaux dont l’objectif est l’attractivité, des opérations discrètes de reconquête urbaine se réalisent, non sans effet sur l’ambiance générale du quartier et le vécu au quotidien des habitants.