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Les petites villes dans la construction de l’habiter périurbain à l’ombre d’une petite métropole (Tours)

Small Towns in the Construction of Suburban Housing in the Shadow of a Small Metropolis

En marge des grandes agglomérations, les espaces périurbains constituent depuis plusieurs décennies des territoires de vie et d’ancrage pour certaines fractions des classes populaires, moyennes et supérieures qui accèdent à la propriété en maison individuelle. De nombreux travaux ont documenté les formes singulières et diversifiées qu’y prennent les pratiques quotidiennes des habitants et la manière dont elles se recomposent sous l’effet d’un double mouvement de maturation et de complexification des dynamiques sociales et territoriales (Dodier, 2012 ; Desponds et Fonticelli, 2021 ; Marchal et Stébé, 2018). Dans cette contribution, nous analysons plus spécifiquement la place qu’occupent les petites villes dans la construction des modes d’habiter périurbains. Cette perspective frise le paradoxe. En effet, la France périurbaine se présente d’abord comme celle des bourgs et des villages (Charmes, 2019). Dans le modèle de la périurbanisation « à la française », la croissance démographique s’est portée en premier lieu sur les communes de petite ou de très petite taille (inférieures à 2 000 habitants) : ces dernières sont majoritaires en nombre et confèrent aux campagnes urbaines un caractère diffus et émietté qui tient tout autant à la place de l’acteur communal dans l’urbanisation du territoire qu’à l’imaginaire villageois qui a constitué le socle idéologique du choix résidentiel périurbain. Cette caractéristique morphologique explique probablement pourquoi les spécialistes des espaces périurbains français ne se sont pas vraiment intéressés, jusqu’à peu, aux liens entre périurbanisation et petites villes. L’Insee a également sa part de responsabilité : dans le zonage en aires urbaines (1995), comme dans le dernier zonage en aires d’attraction des villes (2020), la reconnaissance institutionnelle et statistique du périurbain comme « couronne » dépendante d’un pôle urbain s’est faite au prix de la mort statistique des petites villes. Alors que les petites villes qui maillent l’espace rural sont considérées comme des pôles ruraux à part entière, les petites villes comprises dans la zone d’influence des pôles « disparaissent » dans une couronne faussement lisse, continue et homogène, qui gomme l’hétérogénéité interne des espaces périurbains (Cailly, 2021 et 2025). Cette représentation du périurbain « en couronne » avait pour ambition de représenter les territoires vécus (Terrier, 1998) et se trouve toujours enseignée à l’école : elle s’impose dans les représentations sociales (fig. 1) au point d’occulter la place déterminante des agglomérations de petite taille (entre 3 500 à 20 000 habitants) dans l’organisation territoriale et la construction des espaces de vie des habitants périurbains.

En complément des travaux réalisés sur les centralités émergentes (Chalas et Dubois-Taine) ou périphériques (Dodier et al., 2012 ; Marchal et Stébé, 2015), un certain nombre de recherches récentes ont néanmoins accordé aux petites villes « périurbaines » un nouvel intérêt. Pour Martine Berger, ces dernières apparaissent dans le contexte francilien comme des pôles d’emplois qui alimentent une périurbanisation en rebond (2004). Pour Séverine Bonin-Oliveira, autour de Toulouse, ces petites villes captent une partie de la croissance, contribuent au maillage territorial et favorisent l’ancrage des ménages dans un contexte de maturation des espaces périurbains (2016). Pour Florie Colin, les petites agglomérations en périphérie de Brest constituent des espaces de pratiques, mais aussi de valeurs, particulièrement appréciées par leurs habitants (2020). Nous proposons ici de prolonger ces travaux en développant une piste jusque-là peu travaillée. S’appuyant sur une théorie de l’habiter, notion que l’on définira ici de façon générale comme l’ensemble des déplacements et des lieux de pratiques qui forment l’agencement spatial de la vie quotidienne, cette perspective vise à interroger la place qu’occupent les petites villes périurbaines dans les trajectoires résidentielles, les mobilités quotidiennes et plus largement la construction des espaces de vie des ménages périurbains. Trois idées seront successivement mises en exergue. En premier lieu, nous allons montrer que les petites villes sont dynamisées par le processus de périurbanisation et occupent une place spécifique dans les mobilités résidentielles des ménages, ce qui les distingue des petites villes « rurales » et contribuent par ailleurs à les différencier entre elles. En deuxième lieu, nous verrons que ces petites villes constituent des « centralités du quotidien », c’est-à-dire des lieux de cristallisation de ressources matérielles, sociales et symboliques, qui s’intègrent dans des espaces de vie étendus et très souvent polycentriques. Dans ce contexte, la petite ville périurbaine ne constitue pas le centre omnipotent d’un bassin de vie unitaire et gravitaire, mais un fragment plus ou moins important d’une construction en archipel. En dernier lieu, nous montrerons que ces petites villes s’insèrent de manière très disparate dans les espaces de vie et contribuent aux marquages sociaux des styles d’habiter : elles constituent tantôt un horizon unique, tantôt une composante relativement secondaire d’un espace élargi. Nous verrons en conclusion que « ces styles », socialement constitués et inégalement distribués dans l’espace géographique, sont à la fois révélateurs et opérateurs de la diversité des mondes sociaux qui composent les périphéries urbaines, notamment autour d’un plan de clivage très structurant entre les petites villes situées aux frontières de l’agglomération et celles qui se trouvent en marge de l’aire urbaine.

Nos analyses s’appuient sur un travail d’enquête au long cours portant sur les mobilités résidentielles et quotidiennes dans les périphéries tourangelles (Cailly, 2008 ; 2014 ; 2018 ; 2021 ; 2025), composé majoritairement d’entretiens biographiques, d’instruments de consignation des pratiques de mobilité (carnets de pratiques, enregistrements GPS) et d’entretiens de réactivation réalisés dans le cadre de diverses enquêtes. Une partie de ces matériaux a fait l’objet de ré-analyse.

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La couronne périurbaine forme un espace « faussement » homogène qui accueille 274 921 habitants sur les 518 428 habitants que compte l’aire urbaine en 2018

Source : D. Andrieu, MSH Val de Loire, février 2025, d'après base des unités urbaines 2020 (Insee, Admin Express, IGN)

Des petites villes dynamisées par la périurbanisation, de manière inégale

Sur un plan général, comparées aux pôles ruraux, les petites villes périurbaines1 sont marquées par une dynamique de croissance et d’attractivité résidentielle qui suit et qui s’intègre à la dynamique des communes de plus petite taille (fig. 2). Pour la période de 1990 à 2018, leur taux de variation annuel moyen est relativement élevé (0,9 % par an), certes un peu plus bas que les autres communes de la couronne (1,13 %), mais leur croissance en valeur absolue est significative (+ 25 508 personnes). Durant cette période, la part de la population des 21 petites villes de la couronne dans la population totale de l’aire urbaine a progressé de 21,3 % à 23,1 % (+ 1,83 point), à l’instar des autres communes de la couronne (26,8 % à 28,9 %, + 2,1 points), au détriment de la ville-centre (Tours) et des communes de banlieue. Sous l’effet du modèle d’accession pavillonnaire centrifuge, par ruissellement et en lien avec la logique de métropolisation, le desserrement résidentiel alimente la croissance des petites villes et explique en grande partie les changements sociaux rapides qui s’y opèrent : rajeunissement, recompositions sociales, développement de l’économie résidentielle, etc.

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Les formes de croissance qui affectent les petites villes, en termes d’intensité et de rythme, sont toutefois variables suivant la distance qui les sépare du pôle urbain. Les plus proches de l’agglomération tourangelle ont, en quelque sorte, été « inventées » par la périurbanisation. Regroupant entre 2 000 et 3 000 habitants dans les années 1960, leur population a triplé, voire quadruplé, durant les cinq dernières décennies. La plupart de ces petites villes accueillent aujourd’hui entre 7 000 et 11 000 habitants. Certaines d’entre elles s’apparentent à ce que certains ont appelé des « boomburbs », des villes champignons marquées par une croissance rapide et continue, sous l’effet de la pression résidentielle exercée par l’agglomération tourangelle (Fondettes, Monts, Montlouis, etc.). En comparaison, les petites villes « périurbaines » plus éloignées, comprises dans une orbite de 20 à 30 km, ont connu un retournement démographique plus tardif (1990-2000), une croissance plus lente, avec une intensification dans les années 2010 au moment où la poussée périurbaine s’étend à des communes plus éloignées (Azay-le-Rideau, Bléré, Langeais). En définitive, c’est dans les premières couronnes périurbaines que les petites villes sont les plus nombreuses et connaissent la plus forte croissance (en valeur relative et en valeur absolue), contribuant à la densification et l’urbanisation des espaces périurbains de première couronne, alors que la croissance des petites villes est moins exclusive et plus modérée dans la grande couronne (fig. 3). Quelles que soient leurs situations, ces petites villes « périurbaines » sont en croissance et s’opposent à la trajectoire des pôles ruraux d’Indre-et-Loire (Chinon, Loches, Bourgueil, Descartes), tendanciellement marqués par des logiques de dépeuplement.

Nom de la commune (14)Population en 1990Population en 2018 Évolution 1990-2018Taux de variation annuel moyen
Ballan-Miré59378052+21151,09
Fondettes732510357+30321,24
Chanceaux-sur-C.26013513+9121,08
La Membrolle26443312+6680,81
Notre-Dame-D’Oë25574165+16081,76
Monts62217835+16140,83
Monbazon33544428+10741,00
Montlouis-sur-L.830910825+25160,95
Véretz27094551+18421,87
Vouvray29333246+3130,36
Luynes41285099+9710,76
Esvres42346057+18231,29
La Ville-aux-Dames41935542+13491,00
Monnaie28294473+16441,65
Total5997481455+214811,10
Nom de la commune (7)Population en 1990Population en 2018 Évolution 1990-2018Taux de variation annuel moyen
Bléré438852508620,64
Amboise109821269317110,52
Sainte-Maure-de-Touraine398341421590,14
Château-Renault57874944-843-0,56
Langeais411345604470,37
Cinq-Mars-La-Pile2370362112511,53
Azay-le-Rideau305334934400,48
Total3467638703+ 40270,39

Pour autant, les petites villes « périurbaines » jouent un rôle singulier dans la structuration des parcours résidentiels. Si elles bénéficient de l’arrivée des jeunes ménages, des familles avec enfants, ou des ménages d’âge intermédiaire, venus pour la majorité de l’agglomération tourangelle, elles occupent une place de choix dans les échanges résidentiels de proximité, suivant un fonctionnement complexe : certains ménages, après s’y être installés, les quittent pour des communes plus rurales ; d’autres ménages, des familles, mais aussi des jeunes, des ménages monoparentaux ou des personnes vieillissantes, les rejoignent depuis les communes rurales pour bénéficier de logements spécifiques (location, appartement) et/ou des aménités qu’elles présentent. Les petites villes ont donc un rôle pivot dans l’organisation des mobilités résidentielles, à deux échelles : d’une part, entre l’agglomération et les espaces périurbains, d’autre part, interne aux espaces périurbains. En outre, elles contribuent à l’ancrage des ménages périurbains en favorisant le déroulement, à l’échelle biographique, des parcours résidentiels de proximité. Bénéficiant d’un parc de logements diversifiés (parc locatif, habitat social, habitat intermédiaire, maisons individuelles) les petites villes sont moins spécialisées socialement que les communes moins peuplées du territoire et sont marquées par une plus grande mixité sociale et générationnelle.

Malgré cela, elles participent à la division sociale de l’espace périurbain, en reproduisant pour l’essentiel les logiques de tri concentrique. Les petites villes situées à proximité de l’agglomération tourangelle attirent principalement des ménages de cadres et des professions intermédiaires : cette dynamique maintient le caractère cossu de certaines communes (Fondettes, Veretz, Rochecorbon) ou favorise la « gentrification » de certaines communes initialement populaires ou mélangées (Notre-Dame-d’Oé, Montlouis) à l’instar de ce qu’observent Jean-Marc Stébé et Hervé Marchal autour de Nancy (2019). À l’inverse, les petites villes de la grande couronne attirent majoritairement des « petits-moyens » (Cartier et al., 2008), c’est-à-dire des catégories populaires solvables et petites classes moyennes qui viennent conforter une composante populaire héritée d’une spécialisation dans les fonctions d’exécution (industries, artisanat, services peu qualifiés) (tab. 2).

Nous verrons que cette géographie sociale, qui tient davantage du gradient que de l’opposition binaire, et qui serait à affiner, structure en grande partie la construction des modes d’habiter et la place qui y occupent les petites villes.

Source : Insee, 2019

Revenus médiansPart des CPISPart des Prof. Int.Total cat. moy et sup.
Petites villes proches agglomération24 648 €9,9 %18 %28 %
Petites villes de la grande couronne21 466 €5,3 %12,6 %17,9 %
Pôles ruraux20 344 €4,4 %11 %15,4 %

Des « centralités du quotidien », insérées dans des espaces de vie complexes

Dans le champ des pratiques quotidiennes, les petites villes fournissent aux habitants périurbains un accès privilégié à de nombreuses ressources : des emplois, une gamme élargie d’équipements et de services, des espaces de sociabilités et de vies collectives, des repères symboliques qui s’intègrent dans la construction polycentrique de l’habiter périurbain.

En effet, sous la couronne en apparence lisse et uniforme des aires urbaines (fig. 1), les petites villes constituent un « socle de proximités » qui contribue de manière décisive à l’encadrement territorial des espaces périurbains. Dans la plupart des travaux, cette fonction de centralité de la petite ville est analysée à travers la distribution des emplois, des équipements et des services. Dans l’aire urbaine de Tours, une recherche menée conjointement avec l’agence d’urbanisme (ATU, 2016) a permis d’identifier les niveaux structurants de centralité, sur la base d’une notation de l’offre commerciale, scolaire, sanitaire, culturelle et des services publics. Trois niveaux de centralité ont été identifiés (fig. 3). Dans la couronne, seule Amboise fait figure de centralité principale à l’instar de certaines communes de banlieue (Joué-lès-Tours) ou des pôles ruraux (Chinon, Loches). En revanche, bon nombre des petites villes périurbaines correspondent à des centralités de deuxième niveau, avec une bonne diversité d’équipements et de services : c’est le cas des petites villes proches de l’agglomération comme Montbazon, Ballan-Miré, Fondettes et Luynes, et de la plupart des petites villes relais de la grande couronne comme Azay-le-Rideau, Sainte-Maure-de-Touraine ou Bléré. Le reste des petites villes apparaissent comme des pôles de proximité, avec une offre conséquente, par opposition aux autres communes de la couronne qui sont dénuées de fonctions de centralité. En définitive, les petites villes apparaissent bel et bien comme des « centralités du quotidien » (Tallandier et Jousseaume, 2013). Bénéficiant du statut de chef-lieu ou d’ancien chef-lieu de canton et d’un rôle de bourg-centre ayant longtemps contribué aux maillages des espaces ruraux, ces petites villes ont vu leurs équipements et leurs services s’étoffer et se diversifier depuis les années 2000 (médecine de spécialité, commerce anomal, équipements culturels), au détriment des petites communes, pour répondre aux besoins des nouveaux arrivants. Elles constituent par ailleurs des pôles d’activités économiques (artisanat, bâtiment-travaux publics, logistique, industrie, services aval, activités tertiaires plus ou moins qualifiées, etc.), souvent en croissance, qui offrent des opportunités d’emploi et/ou de relocalisation du lieu de travail pour une partie croissante des actifs du périurbain.

Cette fonction de centralité se retrouve dans le discours et les pratiques des ménages, qu’ils résident dans ces petites villes ou dans les petites communes rurales situées autour. Dans une enquête menée en 2010-2011 dans le quartier des Terrasses des Bodets à Montlouis-sur-Loire, nous avons montré que l’horizon de centralité et d’urbanité proposé par cette petite ville a très souvent orienté le choix résidentiel des ménages et se trouve fortement valorisé dans le discours porté sur leur contexte d’habitat. De manière récurrente, les habitants de Montlouis ont le sentiment d’habiter une ville « à taille humaine », où « on a tout » et qui présente « les avantages de la ville et de la campagne » :

Si, oui, j’aime bien le quartier (Terrasses des Bodets, Montlouis), déjà, je trouve que c’est bien situé parce qu’on est à 5 minutes des écoles, des commerces, pas loin de la mairie, de La Poste, enfin on a vraiment tout à portée de main. Et puis, c’est quand même tout neuf, fleuri, agréable. [Infirmière, 28 ans, propriétaire, maison individuelle, Montlouis]

Cette urbanité se trouve également valorisée par les habitants qui résident dans les petites communes autour pour lesquelles ces petites villes constituent des pôles relais, pratiqués pour différents motifs et qui évitent « d’aller à Tours » :

Je vais plus souvent à Langeais qu’à Tours. Disons qu’à Langeais, on a tout. On a les banques, le marché, le Carrefour Market, un supermarché à Cinq-Mars aussi… On a tout à Langeais. [Madame S., 37 ans, assistante maternelle, propriétaire, maison individuelle, 1 enfant, Cinq-Mars-la-Pile]

Outre les pratiques ordinaires, les entretiens révèlent également que ces petites villes jouent un rôle de premier plan dans la construction des sociabilités autour de l’école, de la vie associative, sportive ou culturelle, ou de lieux plus ordinaires comme les supermarchés, qui constituent des espaces de rencontre où se déploie un régime de sociabilité original fondé sur l’interconnaissance, les relations feutrées et la convivialité choisie (Cailly, 2021 ; 2025). Épicentre de la société locale, la petite ville périurbaine peut prendre dans le vécu des habitants une valeur symbolique et affective, et constituer une source d’attachement et d’identité collective :

Ma vie est tournée vers Langeais, j’adore, [...] je trouve que cette ville est super mignonne, [...] j’adore me promener à Langeais parce qu’il y a toujours plein de monde. [...] Le château, c’est quand même le château d’Anne de Bretagne, y a toujours plein de monde, plein d’étrangers... Quand il fait beau, il y a des gens en terrasse... Vraiment à Langeais, je me sens très bien, j’apprécie beaucoup. [Madame M., 37 ans, préparatrice en pharmacie BEP, maison individuelle, 2 enfants, Mazières-de-Touraine]

La petite ville constitue ainsi un territoire ressource de l’habiter, au plan matériel, social ou symbolique. Elle contribue à l’ancrage local des ménages périurbains et à l’affirmation d’un « faire société », et ce, dans un certain rapport de distance avec le cœur de la métropole tourangelle. Les enquêtes récentes – qui autorisent une lecture diachronique – révèlent que les petites villes du périurbain participent de manière déterminante au « recentrage des pratiques » et au développement d’un périurbain des courtes distances, processus qui s’expliquent à l’aune de plusieurs facteurs : l’ancrage résidentiel des ménages dans la durée, un désir assez généralisé de ralentissement ou encore en raison des tensions économiques qui pèsent aujourd’hui sur la mobilité des ménages. Pour rester dans le domaine de la mobilité, un autre élément compte dans la valeur grandissante attribuée aux petites villes : contrairement aux petites communes rurales, où la dépendance à l’automobile est très forte, elles apparaissent aux yeux des ménages comme propices au déploiement des modes pédestres envisagés pour les déplacements de proximité : la marche à pied et le vélo y progressent plus rapidement qu’ailleurs. En outre, les petites villes offrent très fréquemment des alternatives modales notamment lorsqu’elles sont desservies par le train (Langeais, Montlouis, Amboise, Sainte-Maure-de-Touraine, etc.) ou par une ligne de car express : elles exercent alors un rôle d’interface dans l’organisation des mobilités quotidiennes, entre celles qui se déploient à l’échelle locale et celles qui sont orientées vers le cœur de la métropole.

La reconnaissance des petites villes comme « centralités vécues » comporte un risque de glissement interprétatif auquel certains travaux ont cédé : celui d’exhumer la figure unitaire et gravitaire des bassins de vie. Dans cette représentation « construite », on se représente les espaces périurbains sous la forme d’un pavage de territoires vécus assez bien délimités, exclusifs et placés sous l’influence d’un centre local. Les analyses empiriques que nous avons menées sur les pratiques de mobilité quotidienne démentent fortement ce principe d’organisation. Quelles que soient les caractéristiques des ménages, la pratique d’une ou de plusieurs petites villes périurbaines s’inscrit presque toujours dans un schéma d’organisation polycentrique où plusieurs espaces suscitent une certaine convergence des pratiques et « font centre ». La dispersion des ressources, l’usage de la voiture et les gains de vitesse, le poids d’une métrique discontinue et réticulaire, mais aussi la propension au zapping territorial et à l’individualisation des pratiques explique ce polycentrisme vécu et en font un trait distinctif de l’habiter périurbain (Chalas, 2005 ; Cailly, 2008). Suivant des équilibres variables, la pratique des petits pôles de proximité vient s’articuler aux autres espaces de centralité que constituent les « centralités périphériques » (Marchal et Stébé, 2015) situées en bordure de l’agglomération tourangelle (Chambray-sud, Tours-Nord, Saint-Cyr, etc.), le centre ancien de Tours qui conserve une certaine centralité malgré une tendance à l’évitement d’une partie des ménages, d’autres pôles que peuvent constituer les petites villes rurales (Chinon, Loches) ou encore des villes moyennes plus éloignées (Blois, Saumur). La pratique des petites villes s’inscrit ainsi pour la plupart des habitants dans des configurations ouvertes construites à plusieurs échelles spatiales et selon différentes temporalités. Ce trait dominant doit toutefois être sérieusement nuancé par la diversité des manières suivant lesquelles les habitants périurbains pratiquent et insèrent les petites villes dans leurs espaces de vie.

Rapport(s) aux « petites villes » et variation des styles d’habiter

Les travaux que nous avons menés avec d’autres collègues sur la diversité des modes d’habiter2 périurbains (Dodier, 2012 ; Cailly et Pourtau, 2018) fournissent un cadre analytique pour interroger la place des petites villes dans la construction des espaces de vie. Nous reprendrons ici trois archétypes qui permettent d’illustrer la diversité des agencements spatio-temporels dans lesquels les petites villes peuvent s’insérer. Pour certains habitants, les petites villes participent au recentrage et à l’autonomisation des pratiques spatiales en périphérie de l’agglomération tourangelle, quand elles constituent pour d’autres un niveau intermédiaire plus ou moins structurant dans des territorialités élargies et nettement plus ouvertes sur le cœur de la métropole. Ces figures de l’habiter sont socialement constituées : elles sont triplement orientées par les déterminants sociaux habituels (profession et catégorie socio-professionnelle, âge, sexe), par la trajectoire sociogéographique (origine et mobilité résidentielle), mais aussi par les spécificités du contexte périurbain d’habitat.

Le péri-rural

Le premier type, qualifié de « péri-rural », concerne les espaces périurbains situés à bonne distance de l’agglomération tourangelle (entre 20 et 35 km) et regroupe des habitants dont l’essentiel des pratiques quotidiennes s’inscrit dans l’espace résidentiel de proximité. Leur mode de vie se construit « à la campagne » (Marchal et Stébé, 2017), cette catégorie étant mobilisée pour afficher une préférence en matière de lieux de vie et marquer une certaine distance, pratique et symbolique, à l’agglomération tourangelle. Dans ce schéma où l’échelle locale est hégémonique, la ou les petites villes de la grande couronne occupent une place prépondérante dans la vie quotidienne. Elles accueillent des pratiques sociales nombreuses et diversifiées et constituent de ce fait des centralités principales, en substitution plutôt qu’en relais de l’agglomération tourangelle. Placées au cœur des réseaux de sociabilités et de la vie sociale (associative, sportive, culturelle, politique, etc.), ces petites villes sont chargées de valeurs très positives, d’affects et d’identité comme le suggèrent, dans les discours, les marqueurs d’attachement : « Nous, c’est plutôt Cinq-Mars et Langeais ». Remarquons toutefois que si l’espace de proximité est prégnant, il est rarement construit autour d’une seule petite ville, mais souvent autour de plusieurs (Luynes/Fondettes ; Neuillé-Pont-Pierre/Neuvy-le-Roi) ce qui illustre la capacité de ces habitants à construire leur espace de proximité en faisant jouer les complémentarités entre plusieurs petites villes, sous la forme d’un polycentrisme local. Dans ce schéma, les pratiques de l’agglomération tourangelle ne sont pas absentes, mais elles sont occasionnelles (valeur touristique d’une promenade dans une zone commerciale) et/ou opportunistes (nécessité d’aller à Tours pour une activité spécifique). D’un point de vue sociologique, cette figure (qualifiée par ailleurs de « locale » ou de « villageoise ») concerne plutôt des ménages originaires du « coin », immobiles ou natifs, dans ce dernier cas, revenus s’installer dans la ou les communes d’origine après avoir vécu ailleurs. Elles concernent au premier chef des catégories populaires ou des petits-moyens plutôt marqués par un faible capital culturel, ou alors des ménages vieillissants marqués par un repli des pratiques sur l’espace de proximité.

Le métropolitain

Le deuxième profil-type, qualifié de « métropolitain », se distingue du précédent par l’intensité des pratiques spatiales réalisées au quotidien à diverses échelles : celle de la commune et des communes voisines, du quadrant, de l’aire urbaine, et souvent, de destinations plus lointaines. L’échelle locale et les petites villes inscrites dans l’environnement résidentiel de proximité peuvent être investies (pratiques diverses, sociabilités), mais elles constituent des composantes, souvent secondaires, d’un système de déplacements centré sur l’agglomération et relativement éclaté à l’échelle de l’aire urbaine. Fondé sur une forte compétence de mobilité et une appétence citadine (Cailly, 2008), ce mode d’habiter se déploie sous l’effet d’une distance au lieu de travail, de pratiques sociales particulièrement sélectives ou encore d’un « éclatement » dans l’espace des réseaux de sociabilité et des lieux de vie, générateur de mobilités urbaines (fig. 4). Dans ce contexte, les petites villes se trouvent reliées à d’autres lieux métropolitains, souvent au sein d’un même programme d’activité : on s’y arrête, par exemple, au retour d’une journée de travail passée dans l’agglomération, pour réaliser une course, aller chez le médecin ou se livrer à une pratique sportive. La petite ville peut également faire l’objet d’une pratique plus exclusive et circonscrite dans le temps, notamment le week-end, où l’on observe assez fréquemment un recentrage sur les pratiques locales. La pratique de la ou des petites villes fait ressortir la capacité des métropolitains à valoriser différentes échelles et des lieux de vie éclatés, suivant des temporalités choisies, par le déploiement d’un capital de mobilité qui leur permet de maximiser l’accès aux ressources sociales et urbaines. Ce profil concerne plutôt des ménages favorisés (classes moyennes et supérieures), disposant d’un certain capital culturel. Ces ménages sont également plus fréquemment que les autres d’origine citadine, et durablement socialisés à la ville, ce qui assure la pérennité de leurs ancrages urbains.

Madame Z. a 70 ans. Ancienne chef d’entreprise, elle est veuve et habite depuis 46 ans dans un hameau situé sur la commune de Monnaie. Très mobile durant sa vie professionnelle et dans la période où elle a élevé et accompagné ses enfants, elle demeure très mobile pour une retraitée. Plusieurs fois par semaine, elle se rend à Tours-nord pour faire des achats ainsi que dans le centre-ville de Tours pour aller au cinéma et faire du shopping. Si son espace de vie est majoritairement orienté vers l’agglomération tourangelle, elle a une pratique régulière de la petite ville (Monnaie) auprès de laquelle elle réside (supermarché, boulangerie) et y a des sociabilités. Elle se rend également plusieurs fois par semaine à Amboise où résident sa fille et ses petits-enfants et où elle réalise certaines activités (achats, loisirs, accompagnement à l’école). Deux petites villes au statut différent participent ainsi à la construction d’un mode de vie qualifiée ici de métropolitain.

Le bord d'agglo

Un troisième profil-type, qualifié de « bord d’agglo », caractérise l’espace de vie de la majorité des ménages résidant dans les espaces périurbains de première couronne. Ce profil regroupe des individus dont les pratiques spatiales s’ancrent sur la « frange », dans un continuum vécu entre les petites villes périurbaines où ils habitent et les communes de banlieue qui s’inscrivent dans une continuité immédiate (Chambray-lès-Tours, Joué-Lès-Tours, Saint-Pierre-des-Corps, Saint-Cyr, Tours-nord, etc.). Urbains, mais très peu citadins, ces individus se distinguent des métropolitains par un évitement du centre-ville et un mode de vie très périphérique, inscrit au sein d’un même quadrant. L’importance des pratiques de proximité ne les rapproche pas pour autant des péri-ruraux car ces dernières s’inscrivent dans un espace bien spécifique : ils ont généralement une pratique intense et diversifiée de la petite ville où ils habitent et des petites villes voisines dans lesquelles ils trouvent de nombreuses ressources. Simultanément, ils travaillent et assurent une grande partie de leurs pratiques en proche banlieue où ils trouvent une offre de services et d’équipements élargie (commerces, loisirs, santé, écoles, etc.). Vivant « en osmose » avec la ville-dense, dans un entrelacs entre ces communes périurbaines en voie d’urbanisation rapide et les « gisements » d’urbanité que proposent les banlieues, ce profil illustre un processus de « surbanisation » du mode d’habiter périurbain (Cailly, 2021 ; 2025). Cette intégration des petites villes périurbaines aux banlieues denses trouve un certain écho dans le champ résidentiel : les ménages qui s’installent dans les petites villes périurbaines de première couronne sont, dans la plupart des cas, des ménages qui recherchent un certain confort résidentiel à proximité immédiate de la « ville » et sont moins sensibles aux atours de la « vraie campagne ». En outre, ils ont souvent migré « en saut de puce », les mobilités résidentielles étant très fortes entre les communes de banlieue et ces petites villes du périurbain proche. Ce profil concerne des catégories intermédiaires et des cadres, très représentés dans un contexte global d’embourgeoisement des premières couronnes (fig. 7). Il concerne secondairement des petits-moyens qui ont dû transiger sur la taille et/ou le statut du logement (maison de ville, maison mitoyenne, location) pour conserver une certaine proximité avec l’agglomération tourangelle.

 

Carte

Monsieur F., 47 ans, vit en couple en maison individuelle à Esvres-sur-Indre. Il est ingénieur en informatique et travaille dans une entreprise à Chambray-lès-Tours. Son épouse est gestionnaire dans un collège. Il réalise de nombreuses activités sur sa commune de résidence (Esvres) et sur la commune voisine (Montbazon), deux petites villes très bien dotées en équipements et en services. Il accompagne tous les jours son fils au Lycée Grandmont à Tours-sud et réalise de nombreuses activités dans la banlieue sud, sur la commune de Chambray-lès-Tours, à proximité de son lieu d’emploi. Les allers-retours entre Esvres et Chambray sont relativement nombreux, jusqu’à trois fois par jour. En revanche, Monsieur F. ne fréquente que rarement le centre-ville de Tours.

Conclusion : Des petites villes périurbaines entre cohabitation et marquage des groupes sociaux dans l’espace

Nous retiendrons des analyses précédentes que les petites villes périurbaines forment des espaces de convergence et de côtoiement de diverses catégories d’habitants qui se distinguent quant à leurs manières d’habiter. S’y croisent des individus pour lesquels ces petites villes constituent le socle assez exclusif d’une territorialité locale et des individus pour lesquelles les petites villes constituent des centralités signifiantes, mais insérées dans des territorialités vécues plus larges et ouvertes à d’autres échelles. Dans une précédente recherche (Cailly et Pourtau, 2018), nous avons identifié trois grandes catégories de figures de l’habiter suivant les échelles de pratiques et le rapport à l’agglomération-mère : les figures « intégrées » (relations intenses à l’agglomération), « commutatives » (relations à l’agglomération restreinte aux navettes domicile/travail) et « distanciées » (faibles relations à l’agglomération). Nous pouvons remarquer ici que ces trois types de figures se retrouvent dans toutes les petites villes périurbaines, quelle que soit la distance au centre de l’agglomération tourangelle. Ces petites villes, en mettant en coprésence, et souvent en interaction (événements, associations, activités), des groupes sociaux aux ancrages spatiaux différents, présentent alors une propriété que l’on attribue généralement aux grandes villes : celle d’être un « lieu » de diversité sociale relative et de cohabitation entre groupes sociaux. Des travaux complémentaires seraient particulièrement utiles pour approfondir à plus fine échelle la complexité des rapports sociaux de proximité qui se jouent à travers l’appropriation des lieux – partagés en groupes sociaux ou socialement distinctifs – qui composent la petite ville (places, parcs, commerces, lieux d’activités, etc.).

Cette première conclusion doit toutefois être complétée. Si les trois grandes figures de l’habiter se retrouvent dans toutes les petites villes, elles présentent, localement, un équilibre très variable. Au risque de schématiser, dans les petites villes des premières couronnes, où les catégories favorisées, mais aussi d’origines urbaines, sont très fortement représentées, les figures intégrées sont largement prédominantes. Le modèle est donc celui de petites villes socialement favorisées, concernées par des formes de gentrification périurbaine (logements, commerces et activités sélectives) et fortement connectées aux espaces-ressources que fournit l’agglomération tourangelle. S’y déploient toutefois deux sous-modèles, l’un porté par des ménages profondément citadins et généralement diplômés qui se démarquent par un accès privilégié au centre historique et aux lieux de distinction qui s’y trouvent ; celui, nettement plus périphérique, des ménages qui se contentent des espaces plus utilitaires et plus ordinaires, mais désormais aussi fournis, de la proche banlieue. À l’opposé, les petites villes de la grande couronne présentent une tout autre sociologie : les catégories populaires solvables et les petites classes moyennes sont plus nombreuses, et les natifs beaucoup mieux représentés. Sans surprise, les figures locales et distanciées (« péri-ruraux », mais aussi « captifs » ou « immobiles ») comme les figures commutatives (« navetteurs ») sont très nettement majoritaires : dans ces figures, le rapport à la métropole est plus distant ou plus utilitaire dans le cas des navetteurs. En miroir, l’espace local apparait comme un espace d’investissement, de ressources multiples et se trouve valorisé de manière beaucoup plus exclusive sur les plans affectif et identitaire (Berroir et al., 2017).

Bien qu’elles demeurent exploratoires et méritent des prolongements, ces analyses montrent que la diversité des mondes périurbains se joue tout autant dans la division sociale des espaces résidentiels que dans les manières dont les ménages agencent dans l’espace leurs pratiques d’habiter, ces deux dimensions dialoguant fortement et devant être comprises conjointement. Elles montrent également que les logiques concentriques et le gradient centre-périphérie, de l’urbain au rural, sans être le seul principe de structuration, demeure une principale modalité de mise en ordre des groupes dans l’espace et de construction des rapports d’inégalité.

Références
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  • Cailly Laurent et Pourtau Baptiste, 2018, « “Faire métropole” : une analyse par les représentations et les pratiques de mobilité périurbaines des habitants de l’aire urbaine de Tours (France) », Géocarrefour, 92/4. Disponible sur : https://doi.org/10.4000/norois.5097.
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