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Dévitalisations

Regards sur les petites villes en décroissance au travers des outils de l’architecte

Devitalization: a Look at Small Towns in Decline Through the Tools of the Architect

Les évolutions socio-économiques des deux derniers siècles ont entraîné la modification des modes d’occupation du territoire. Les vagues successives d’industrialisation, de désindustrialisation, puis de tertiarisation de l’économie ont réformé les maillages territoriaux et leurs équilibres, en même temps qu’elles transformaient la société en profondeur. La dévitalisation des centralités en milieu rural, qui se caractérisent par la présence d’équipements structurants et une concentration relative des pouvoirs économiques et politiques (Marchal et Stébé, 2013 ; Jousseaume et Talandier, 2016), en constitue l’une des conséquences. Échelon intermédiaire entre villages et villes moyennes, les bourgs-centres – dont la définition s’appuie moins sur un seuil démographique que sur des fonctions – ont longtemps constitué le socle du maillage territorial, offrant un premier niveau de services et d’équipements à la campagne. Ils sont aujourd’hui confrontés à des fermetures de commerces, à une vacance résidentielle importante, à une dégradation de leur patrimoine bâti ou encore au vieillissement de leur population.

En France, la reconnaissance progressive des difficultés auxquelles ces villes sont confrontées passe par celle, plus large, des mutations contemporaines des milieux ruraux. Entre 2010 et 2020, cette conscientisation emprunte deux voies parallèles. D’une part, le champ universitaire se saisit de ces enjeux et porte la voix d’une ruralité en marge (Renahy, 2010 ; Depraz, 2017 ; Coquard, 2019), questionne les équilibres entre urbanité et ruralité (Guillot, 2011 ; Sery et Saunier, 2016) et interroge les limites du fait métropolitain (Jousseaume, 2017). Ces travaux font notamment écho à des essais en forme de plaidoyer parus à la même période et qui bénéficient d’une résonance importante auprès du grand public (Guilluy, 2014 ; Razemon, 2016). Dans l’imaginaire collectif, les petites villes illustrent et cristallisent la perception d’une campagne oubliée des décisionnaires. D’autre part, l’alerte des élus ruraux est recueillie et relayée par des travaux parlementaires menés par diverses délégations du Sénat et de l’Assemblée nationale (Nicoux et Bailly, 2013 ; Pointereau et Bourquin, 2017 ; Bazin et Leclabart, 2019). Ces travaux contribuent à acter de la nécessité d’une action gouvernementale en matière de cohésion territoriale.

L’action publique mobilisée en réponse à ces difficultés prend la forme de dispositifs dits « catégoriels » (Masboungi, 2020), considérés comme « [in]suffisant[s] pour appréhender l’ensemble des problèmes des territoires oubliés » (ibid). Parallèlement à la création de politiques publiques dédiées au soutien des villes moyennes1, les petites villes font à leur tour l’objet de programmes de soutien. En 2014, le Commissariat général à l’égalité des territoires lance le programme expérimental « Revitaliser les centres-bourgs » dans une cinquantaine de communes en France. En 2020, le programme « Petites villes de demain » étend la démarche à plus de 1 600 communes2. La catégorisation de l’action publique, étendue de manière indifférenciée à l’ensemble du territoire métropolitain, laisse à penser que le phénomène s’y déploie de manière uniforme. Pourtant, l’intensité des difficultés observées semble corrélée aux contextes régionaux.

En outre, si les difficultés propres aux petites villes en milieu rural tendent à être reconnues, leur caractérisation s’appuie, dans le cadre opérationnel, sur une approche quantitative des phénomènes à l’œuvre. En se substituant aux dimensions qualitatives et sensibles de ces transformations – espace, usages, représentations – les indicateurs mobilisés pour décrire cette dévitalisation standardisent les réponses opérationnelles, au risque qu’elles se révèlent inopérantes.

En quoi l’architecture permet-elle d’apporter un nouvel éclairage sur les petites villes en situation de décroissance ? Les espaces qui portent les stigmates de la dévitalisation témoignent des mécanismes qui en sont à l’origine. Ils éclairent ainsi sur le sens profond de ces mutations au plan sociétal. Comment, alors, rendre compte des dimensions qualitatives et sensibles de la dévitalisation ? L’objet de cet article est de décrire les outils qui le permettent et d’explorer les questions ainsi soulevées.

Dès lors, la description du cas particulier de la Lorraine – où plusieurs facteurs de dévitalisation se conjuguent – permet d’illustrer ce que ces outils spécifiques révèlent. Après une industrialisation intense au cours du 19e siècle et de la première moitié du 20e siècle, la région subit une désindustrialisation massive dès les années 1970, puis connait une métropolisation exacerbée par l’attractivité transfrontalière croissante à partir des années 2000. L’intensité, la rapidité et l’antériorité de ces transformations font de cette région un territoire dans lequel le phénomène de dévitalisation des centralités rurales s’exerce avec une acuité particulière.

Pour l’étudier, nous nous appuierons notamment sur des observations réalisées dans le cadre d’une mission d’accompagnement des démarches de revitalisation des petites villes, au sein du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Meurthe-et-Moselle, depuis 2018. Le rôle de partenaire assumé par la structure nous place dans une position d’observation flottante (Pétonnet, 1982) de ces lieux et des acteurs qui concourent à leur transformation. Nous appuyons notre propos sur l’analyse d’une quinzaine de petites villes lorraines, situées pour l’essentiel en Meurthe-et-Moselle.

Notre réflexion interroge en premier lieu la spatialité de ces villes au travers de leur histoire, mettant en évidence la diversité des dévitalisations qui, du reste, ne sont pas le propre de la période contemporaine. Il s’agit également de compléter l’échelle d’analyse spatiale la plus fréquente – celle de l’urbain – par deux autres échelles d’observation : celle du territoire, qui révèle le déplacement des lieux de centralité ; celle de l’architecture, qui interroge les perceptions et les représentations qui lui sont attachées.

#Formations et déformations de l’urbain

Le pluriel et le singulier

Le phénomène de dévitalisation observé aujourd’hui est le résultat d’un processus que seule une approche dynamique permet de restituer. Pour comprendre la trajectoire dans laquelle s’inscrit une petite ville en situation de décroissance, il est nécessaire de remonter le fil de son histoire récente. L’analyse historique de ses formes urbaines peut ainsi constituer le point de départ d’une mise en perspective de sa situation actuelle.

L’analyse historique du corpus mobilise un ensemble de sources cartographiques ou photographiques, afin de remonter le cours de ses transformations depuis le milieu du 19e siècle. Elle sollicite en premier lieu les minutes générales de la carte d’état-major, au 1 : 40 000, qui permettent d’établir la première édition complète de la Carte générale de la France au 1 : 80 000 en 18663. Outre la précision de la représentation, qui figure très nettement les limites des enveloppes urbaines et la géométrie des îlots bâtis, la carte présente également l’avantage de couvrir l’ensemble du territoire national de cette période, permettant la comparaison d’un large corpus d’après des codes de représentation graphique harmonisés. L’approche historique est complétée par les campagnes de photographies aériennes, réalisées du début du 20e siècle jusqu’à aujourd’hui.

Individuellement, chaque analyse historique raconte la constitution d’un tissu urbain composite et témoigne d’une histoire locale. Comment ces villes se sont-elles transformées ? Quels ont été les moteurs de ces évolutions urbaines ? Leur comparaison révèle une pluralité de processus, à l’origine de structures urbaines variées dans leurs formes et leurs fonctionnements. Certaines, à l’instar de Vézelise, Badonviller ou Thiaucourt, présentent la densité d’une ville médiévale, parfois ceinte de fortifications aujourd’hui disparues, et ont relativement peu évolué dans leurs formes au cours des deux derniers siècles. D’autres, à la faveur d’un développement industriel fulgurant, se sont presque entièrement constituées au tournant du 20e siècle. S’appuyant sur un village ou un hameau existant, le lieu se transforme en une véritable cité industrielle en l’espace de quelques dizaines d’années. Citons notamment les villes de Piennes, Jarny, Jœuf ou Tucquegnieux.

Si la cartographie historique permet de retracer la manière dont les lieux se constituent, il est moins aisé de rendre compte de la manière dont ils se défont. Le croisement de la cartographie historique avec une approche démographique permet cependant de donner une première caractérisation des dévitalisations à l’œuvre. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) met à disposition les recensements de population des communes françaises depuis 1876. Les figures suivantes illustrent la juxtaposition de la courbe démographique à la carte historique, utilisant des bornages temporels et des codes graphiques similaires. Elles mettent en évidence l’évolution des formes urbaines au regard des dynamiques démographiques.

Plan de Colombey-les-Belles avec les différentes périodes de construction du bâti.

Source : A. Brantonne, 2022

Données : Plan cadastral (cadastre.gouv.fr). Minute générale de la carte d’état-major (remonterletemps.ign.fr). Feuillet Nancy Sud-Est, 1933. Campagnes aériennes (remonterletemps.ign.fr), 23.06.1949, 05.10.1972, 28.06.1995

Source : A. Brantonne, 2022

Données : Séries historiques de population de 1876 à 2018, Insee, recensements de la population

Cette première approche met en évidence les décalages et les décorrélations éventuelles entre évolution démographique et transformation du cadre urbain. Elle doit cependant être complétée par une approche cartographique plus fine. La décroissance urbaine se manifeste en effet avant tout par une vacance prolongée des bâtiments ou des logements. La cartographie de ce phénomène passe donc par une collecte fine de données que même les registres fiscaux ne parviennent pas toujours à saisir fidèlement (Sowa et Bruyant, 2024)4. L’identification précise des lieux vacants permet de révéler des modalités variées d’expression de la dévitalisation : déstructuration, perforation aléatoire, diffusion ou stagnation de l’enveloppe urbaine, le vide portant généralement sur des types bâtis récurrents.

Ces outils rendent compte de la diversité des trajectoires démographiques des centralités rurales en Lorraine, lesquelles témoignent de phénomènes dissemblables. Le terme dévitalisation – employé au singulier – désigne en réalité un ensemble de mécanismes de différentes natures. Aussi, l’emploi du terme dévitalisations – au pluriel – semble plus pertinent. Cette diversité oblige à considérer la singularité de chaque cas, et exclut la reproduction systématique de logiques de revitalisation et le prêt-à-penser.

#Le commun

À partir de ce mode de représentation, nous proposons ici d’esquisser une approche typologique qui puisse rendre compte de cette pluralité. D’autres travaux portant sur le phénomène des shrinking cities en France font également état d’une « décroissance urbaine [qui] ne se manifeste pas dans tous les espaces de la même manière et selon les mêmes rythmes » (Wolff et al., 2013). Si le propos de ces auteurs porte sur les aires urbaines et exclut les petites villes, il suggère néanmoins la possibilité de dresser une typologie des processus de décroissance, basée sur l’analyse des dynamiques démographiques, qui peut être transposée. À partir de notre approche, associant cartographie et évolution démographique, il est possible d’identifier plusieurs types de mécanismes de dévitalisation, dont les effets peuvent toutefois se conjuguer. Les cas de figure identifiés sont les suivants.

Un déclin démographique rapide et soudain correspond aux processus de désindustrialisation, notamment consécutifs aux fermetures de puits de mines ou d’usines sidérurgiques, comme à Piennes ou à Jœuf. Il est d’autant plus spectaculaire qu’il fait généralement suite à une croissance vertigineuse au tournant du 20e siècle. L’âge d’or industriel apparait presque comme une parenthèse d’environ un siècle dans l’histoire du lieu, lequel est néanmoins légataire d’un héritage culturel et bâti considérable.

Dans d’autres cas, la commune présente une stabilité – voire une croissance démographique – qui tranche avec un ensemble d’indicateurs révélant une forme de dévitalisation : vacance résidentielle et commerciale principalement en centre-bourg, dégradation du bâti. Cette situation renvoie à l’évolution des liens entre campagnes et métropoles, dans un contexte de mobilité accrue et de tertiarisation du marché de l’emploi. Alors que la population active et mobile déporte ses habitudes de consommation et d’accès aux services vers les centres métropolitains en fonction de ses trajets domicile-travail, le bourg-centre ne demeure une centralité principale que pour une portion réduite de la population. Pour les communes telles que Colombey-les-Belles, Vézelise ou encore Nomeny, l’attractivité devient essentiellement résidentielle en raison d’un marché immobilier abordable, d’une densité bâtie moindre que dans les grands centres urbains et d’une proximité avec les infrastructures de transport.

Le dernier cas de figure identifié est celui d’une décroissance démographique progressive mais réelle, comme à Badonviller, Cirey-sur-Vezouze ou Blâmont. Ces bourgs sont généralement trop éloignés des centres métropolitains pour connaître les dynamiques précédemment décrites. Ces petites villes ne peuvent donc s’inscrire dans un schéma métropolitain qui leur garantirait a minima leur attractivité résidentielle.

La lecture typologique n’a pas vocation à effacer les singularités propres à chaque bourg, mais permet d’identifier des logiques communes de recomposition de l’urbain, au travers de dynamiques démographiques. Elle renvoie aussi aux transformations socio-économiques du territoire, mettant en évidence que les facteurs de dévitalisation ne résident pas tant à l’échelle de la ville elle-même, qu’à l’échelle du bassin de vie dans lequel elle s’inscrit.

#Le bassin de vie, espace du quotidien

Territoires plastiques

Comme l’urbain, le territoire fait montre d’une plasticité importante. L’analyse cartographique historique, à l’échelle du bassin de vie, illustre la manière dont les changements sociétaux modifient l’occupation d’un territoire (Jousseaume, 2021). Loin de se limiter à la représentation des structures bâties, la carte permet également de faire état de l’édification et du démantèlement des infrastructures qui les relient – voies ferrées, routes et canaux – et des espaces de production. Si l’on considère l’organisation spatiale des campagnes lorraines au cours des deux derniers siècles à travers ce prisme, nous sommes en mesure de dégager plusieurs cas de figure.

Au cours du 19e siècle, la révolution industrielle et les événements géopolitiques génèrent des évolutions déterminantes du maillage territorial lorrain. En 1871, au lendemain du conflit franco-prussien, la majeure partie de la Moselle et l’est de la Meurthe sont annexés. La nouvelle frontière divise parfois des bassins de vie préexistants. Désormais scindé, l’appareil industriel du nord de la Lorraine – dont les sous-sols sont riches en minerai de fer et en houille – est dédoublé, accélérant l’industrialisation et l’urbanisation des territoires transfrontaliers du Pays-Haut (vallées de la Fensch, de l’Orne et de la Sarre, pays audunois et piennois).

L’analyse cartographique de ces bassins de vie fait état de leur fragmentation. L’organisation territoriale hiérarchisée (fig. 1a), composée d’un « centre qui irrigue et donne vie à un territoire qu’il identifie » (Quay, 2013) et héritée de modes de vie antérieurs, est remise en question. L’aménagement du territoire est désormais conditionné par la localisation des forages et de la ressource minière, en sous-sol ; ou par la situation de l’usine. Ce contexte économique entraîne à la fois une urbanisation considérable et le déplacement ou la création de nouvelles polarités (fig. 1b).

Ces mutations sont appuyées par la construction de nouvelles infrastructures. Amputée d’une partie de son réseau ferré, la France crée la création de nouvelles voies longeant la frontière et renforce le nœud ferroviaire de Jarny. Privé de l’accès au Rhin situé en zone annexée, l’État français décide également de rétablir une liaison navigable nord-sud par la création du canal de l’Est. Ces chantiers participent à modifier les équilibres territoriaux de part et d’autre de la frontière.

Au cours de la seconde moitié du 20e siècle, on observe un phénomène similaire de recomposition par la mobilité, avec la construction des autoroutes qui irriguent le Sillon lorrain. Dans un contexte de tertiarisation de l’économie, la métropolisation est engagée (fig.  1c). La distance entre lieux de travail et de résidence s’accroit et on assiste à une dilatation de l’espace du quotidien. Le bassin de vie change d’échelle. Les lieux de production se déplacent également progressivement pour se rapprocher de ces infrastructures. La proximité des échangeurs autoroutiers devient un facteur d’attractivité économique et résidentielle pour les campagnes desservies.

À l’inverse, les bassins de vie les plus éloignés de ces infrastructures et qui n’ont connu qu’une industrialisation mesurée présentent des formes relativement stables : un ensemble de villages ou de hameaux, répartis autour d’un bourg-centre (bassins de vie du Saintois, du Pays de Colombey, de la vallée de la Vezouze). Cependant, la stabilité des formes à l’échelle du bassin de vie ne signifie pas nécessairement la pérennité de ce schéma territorial au regard des mutations sociétales contemporaines.

Graphique

Source : A. Brantonne, 2023

Graphique

Source : A. Brantonne, 2023

Graphique

Source : A. Brantonne, 2023

Décalages

Au cours des 150 dernières années, trois modèles économiques majeurs se sont ainsi succédé en Lorraine et ont recomposé l’espace rural. La campagne lorraine s’est donc transformée selon plusieurs schémas territoriaux successifs, différant à la fois dans leurs structures et dans leurs fonctionnements. La société modèle l’espace à son image selon un lien organique, dans un continuum qui articule chaque phase à la suivante : « Le paysage historique [...] lie le mode de vie de chaque génération aux choix faits par les générations précédentes » (Benevolo, 2004, p. 10).

L’analyse cartographique historique des bassins de vie éclaire les rythmes selon lesquels s’opère l’évolution des structures territoriales. Ces transformations se produisent selon des processus et des temporalités qui varient. Radicales et rapides lorsqu’elles relèvent de l’acte de bâtir ou d’aménager et sont portées par un moteur économique puissant (industrialisation, périurbanisation). Lentes et complexes lorsqu’elles relèvent de la transformation d’un héritage bâti – dommages de guerre mis à part – a fortiori lorsque le moteur économique est faible ou absent. Aussi, la transformation de l’existant s’opère avec une inertie qui engendre une forme de sédimentation de l’espace. Or dans ces espaces où le dynamisme économique est ténu, il semble que la société et ses aspirations évoluent plus rapidement que ne se transforme l’espace. Les phénomènes de dévitalisation expriment un décalage entre les aspirations de la société contemporaine et le paradigme socio-économique qui a façonné des espaces, dans lesquels elle ne se reconnaît plus.

Si les démarches de revitalisation engagées sont essentiellement mises en œuvre à l’échelle communale, les décroissances constatées tirent leurs origines de bouleversements bien plus larges. Pour les comprendre, il est donc nécessaire d’élargir l’échelle d’observation et d’inscrire l’analyse dans une vision dynamique : les situations actuelles sont parties prenantes d’un continuum de transformations de l’espace rural, dont les recompositions permanentes expriment les trajectoires socio-économiques de notre époque. Elles témoignent également d’une complexification des équilibres territoriaux, les « centralités concrètes » (Marchal et Stébé, 2013) ne coïncidant plus nécessairement avec les centres historiques.

#Empreintes du vide

Paysages de la décroissance

Si la dévitalisation est complexe à cartographier, la mue dans laquelle les petites villes lorraines en situation de décroissance sont engagées est manifeste à hauteur de regard. L’enquête de terrain permet de recenser les « indicateurs spatiaux de la décroissance urbaine » (Sowa, 2017, p. 143) qui concourent à en définir les spatialités. L’arpentage révèle des paysages du quotidien qui, loin de la fascination exercée par les ruines au 19e siècle, suscitent des perceptions ambivalentes. Assemblé par séries thématiques, le relevé photographique recompose le portrait d’une décroissance aux visages multiples. Des dégradations habitées aux délaissés urbains, il fait état d’un paysage suspendu entre un avant regretté et un après indéterminé.

Pour en rendre compte, les outils de représentation de l’architecture peuvent être mobilisés à plusieurs échelles. La cartographie révèle la situation des lieux vacants dans le tissu urbain. Les dessins en plans et en élévations permettent de les décrire – proportions, qualités spatiales et constructives – et d’en proposer une lecture typologique. Le relevé photographique en restitue la matérialité et ses détériorations.

La dégradation progressive des bâtiments, qu’ils soient occupés ou vacants, constitue l’une de ces altérations. Si la paupérisation d’une partie de la population entraîne des difficultés à entretenir les biens, constituant un marqueur de la dévitalisation, la sclérose des tissus urbains s’opère avant tout par une vacance prolongée. La décroissance se lit donc dans l’excédent de surfaces bâties en attente de vocation, qui confère au cadre urbain une impression de flottement. Ces surfaces excédentaires sont celles des écoles de la IIIe République, édifiées à Tucquegnieux et agrandies dans l’urgence au cours de la première moitié du 20e siècle, pour répondre à l’essor démographique de la commune – désormais délestée de près de 50 % de sa population5. Ce sont celles des établissements commerciaux de Jœuf ou de Piennes, supplantés par les derniers canons de l’architecture commerciale. Ce sont également celles des petites friches industrielles ou artisanales, pourtant significatives à l’échelle d’un bourg : une imprimerie à Cirey-sur-Vezouze, une laiterie à Thiaucourt-Regniéville, des brasseries à Vézelise. Ce sont enfin celles des cellules commerciales et des logements de centres anciens, dont les volumes contraints dissuadent les porteurs de projets.

Dans un contexte détendu, le projet de revitalisation consiste moins à identifier des surfaces disponibles pour répondre à des besoins, qu’à proposer des usages susceptibles de redonner vie à des enveloppes creuses. Un état de fait qui illustre l’inversion de « la proportion entre l’obsolescence et l’utile » (Landauer, 2023a). Lorsque la collectivité, désireuse d’agir sur ces situations, mène au bout les procédures d’acquisition ou d’expropriation et retrouve la maîtrise foncière du bien, la dégradation des édifices est généralement avancée. Dans ces conditions, la démolition est projetée en dépit de toute qualité constructive.

Photographie

Source : A. Brantonne

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Source : A. Brantonne

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Source : A. Brantonne

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Source : A. Brantonne

 L’aspiration à l’effacement

Dans le cadre de l’élaboration des stratégies de revitalisation, l’effacement est régulièrement envisagé comme hypothèse de projet. En Lorraine, l’analyse fait ainsi état de projets de disparition de trois ordres : l’effacement de marqueurs culturels dont l’architecture est support ; la destruction d’édifices emblématiques d’un essor révolu ; la démolition d’un patrimoine commun dégradé dont l’intérêt est considéré comme limité.

La disparition, non pas de l’architecture elle-même, mais des marqueurs culturels dont elle est le support, s’observe particulièrement dans les villes post-industrielles telles que Piennes, Tucquegnieux ou Jœuf. L’héritage bâti considérable que constituent les logements ouvriers est largement réinvesti et transformé. L’homogénéité caractéristique de ces ensembles cède progressivement le pas à l’individualisation. Matériaux, ouvertures, volumes, décors : la personnalisation permet la disparition de ce qui rapporte la maison à un tout. En se démarquant, la construction s’extrait du contexte dans lequel elle a été bâtie pour répondre aux aspirations nouvelles de ses occupants. Ici, la tentation de l’effacement porte donc sur ce qui marque l’appartenance d’un bâtiment à son histoire. Pour en rendre compte, les mêmes outils de représentation architecturale peuvent être mobilisés : le relevé des élévations actuelles est comparé à leur état d’origine, déduit de l’observation de l’existant ou par la confrontation aux documents d’archives.

Les projets de disparition portent également sur des bâtiments entiers qui, par leurs fonctions passées, endossent une portée symbolique significative. Le cinéma d’Auboué ou les établissements Osellame à Piennes sont emblématiques d’un âge d’or industriel qui n’est plus. Témoignant d'une phase de deuil post-industriel encore en cours (Daviet, 2006), la nécessité d’effacer les marqueurs d’un passé florissant révolu, qui témoigne d’une phase de deuil post-industriel encore en cours (Daviet, 2006), entraîne la démolition d’une architecture constitutive de la « signature paysagère symbolique » (Edelblutte, 2020) de cette activité industrielle.

Enfin, les biens vacants subissent les altérations du temps et l’acceptation de ces dégradations manifestes se réduit progressivement. Selon Diane Scott, se joue ici « la question de la catastrophe, que la ruine suppose ou précède » (Scott, 2012). Elle est en cela intolérable dans un espace du quotidien. À Foug, la démolition d’une façade en ruine donnant sur la rue principale focalise les attentes en matière de revitalisation, tant elle est devenue le symbole d’une situation de déclin. Envisagée comme une opportunité de résoudre une problématique de circulation et de stationnement, la finalité de l’opération repose néanmoins sur l’acte de démolir qui cristallise toutes les intentions.

Si le vide semble insupportable à l’œil, il convient de distinguer la part de vide laissée par l’abandon des sites et des bâtiments – un vide organique dont le temps est maître d’œuvre – de la part de vide faisant suite à une démolition volontaire.# Les opérations de démolition ainsi réalisées imposent le vide comme nouvelle grammaire de l’urbain, dans une forme de disparition manifeste (fig. 5). On pourrait supposer que ces opérations constituent, pour les maîtres d’œuvres, une opportunité de dégager le socle de toute construction (tabula rasa), pour proposer un nouvel espace de création ex nihilo : une manière de s’absoudre du « contexte [qui] représente une contrainte à la création » (Stébé et Marchal, 2009, p. 15). Mais la mue engagée par les petites villes lorraines en situation de décroissance semble même dénuée de cette intentionnalité. Elle est aujourd’hui le résultat d’opportunités, dont il s’agirait de tirer le meilleur parti, plus que le fruit de véritables projets de « remodelage » (Sowa, 2017). Les lieux en instance de démolition sont identifiés comme tel par leur état de vacance prolongée, davantage que par un arbitrage motivé par la portée de cette démolition au plan urbain.

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Source : A. Brantonne

 Figure 5b. Le vide comme nouvelle grammaire de l’urbain, relevés photographiques. Mirecourt, 2023 

Source : A. Brantonne

 Figure 5c. Le vide comme nouvelle grammaire de l’urbain, relevés photographiques. Blâmont, 2023 

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Source : A. Brantonne

C’est pourtant l’hypothèse formulée par Oswald Mathias Ungers et Rem Koolhaas dans leur manifeste La Ville dans la ville. Berlin : un archipel vert (2013). Lorsque, dans les années 1970, Berlin fait face à un phénomène de décroissance urbaine, la proposition est celle d’une mise en cohérence des idées et de l’espace par un projet de « décompos[ition] de la ville » (ibid.), c’est-à-dire, d’une identification des ensembles urbains à démolir et de ceux méritant d’être préservés en raison des valeurs esthétiques, politiques et sociales dont ils sont le support.

#Conclusion : penser hors cadre

Loin de n’être qu’un moyen de projeter la transformation des lieux, les outils de représentation de l’architecture contribuent à documenter les paysages ordinaires de la décroissance comme une réalité vécue et perçue, à hauteur de regard. Ce faisant, ils permettent de saisir pour partie les représentations attachées à ces lieux et qui déterminent leurs mutations. Dans le cas des petites villes en décroissance, la mobilisation de ces outils de représentation participe aussi à révéler les contradictions essentielles dans lesquelles s’exercent les politiques de revitalisation actuelles, à partir de deux champs d’observation. D’une part, par l’articulation des différentes échelles de représentation et d’analyse, du bâtiment au territoire ; d’autre part, par l’observation des transformations qui s’opèrent sur l’architecture elle-même.

L’hypothèse d’un nouveau paradigme territorial

Loin de prendre un seul visage, la dévitalisation des centralités rurales est un phénomène hétérogène, nourri par les mutations économiques, technologiques, sociales et culturelles contemporaines. La Meurthe-et-Moselle, située au carrefour de ces dynamiques, fait état de situations contrastées.

Le lien organique qui régit l’organisation territoriale des sociétés oblige à examiner les objectifs des démarches de revitalisation mises en œuvre, qui semblent s’inscrire dans une contradiction fondamentale. Si nous considérons le maillage territorial comme un organisme en transformation perpétuelle et à l’image de la société, les dévitalisations actuelles ne sont que le résultat d’évolutions économiques et culturelles structurelles. Or les objectifs des démarches de revitalisation, établis comme un présupposé partagé, sont basés sur un retour de la croissance économique et démographique. Si certaines petites villes parviennent à s’inscrire dans ce modèle, d’autres demeurent en marge en dépit des efforts déployés. L’échelle à laquelle sont mises en œuvre ces démarches – celle de la ville elle-même – les astreint à tenter de pallier les symptômes de la dévitalisation, sans pouvoir en infléchir le caractère systémique.

Ce paradoxe impose de considérer des hypothèses de projet, même parmi les moins consensuelles. Si la survivance de ces entités en tant que centralités est déterminée par leur pertinence au sein d’un maillage territorial en évolution, il convient de s’interroger sur l’hypothèse d’une décroissance assumée. L’histoire moderne de la Lorraine a fait la preuve de la plasticité de ce territoire et a généré des recompositions à l’origine de l’abandon de plusieurs centralités. Aussi, faut-il nécessairement revitaliser ou s’autoriser à penser la décroissance de certaines d’entre elles ? L’hypothèse du smart shrinkage (décroissance intelligente), pour n’être pas nouvelle (Oswalt et al., 2006 ; Baron et al., 2010 ; Sowa, 2017 ; Béal et al., 2021), est cependant peu explorée par les pouvoirs publics. Il s’agirait donc d’envisager le devenir des petites centralités non plus dans une vision restaurative – revenir à un dynamisme antérieur – mais comme partie d’un maillage territorial en pleine évolution – lequel, à chaque ère, déplace les lieux de centralité et en modifie le sens.

Pour autant, il n’est pas exclu qu’il y ait un sens au maintien de ces petites villes. Les transformations majeures du territoire qui ont eu cours tout au long des 19e et 20e siècle, se sont faites au prix d’une consommation des ressources inégalée jusqu’alors : matériaux, foncier, énergie. La tension qui s’exerce sur ces ressources dans un contexte environnemental incertain amène à considérer comme nécessaire l’abandon de ces logiques, au profit d’une transformation des structures bâties et infrastructures existantes. La pérennisation de ces petites villes en tant que centralités poursuivrait alors l’objectif premier de la sobriété dans l’utilisation des ressources, davantage que celui d’un retour à la croissance des indicateurs économiques et démographiques.

Doit-on laisser les dévitalisations s’opérer ? La réponse à cette question réside dans l’identification des enjeux auxquels nous nous proposons de répondre collectivement et de la manière dont nous entendons faire société. Les contradictions dans lesquelles s’inscrivent les démarches de revitalisation actuelles expriment l’absence d’un débat de fond, qui permettrait cette clarification. Cette condition interroge tant le cadre fondamental dans lequel s’inscrit le projet que les moyens dévolus à la transformation des espaces qui en constituent le socle.

Le vide signifiant

Dans la mesure où le paradigme socio-économique conditionne les trajectoires et les dynamiques territoriales, les porteurs de projets se heurtent à la portée limitée de leur action en matière de planification économique du territoire. Les projets de revitalisation des petites villes sont ainsi pris en étau entre le contexte socio-économique et l’injonction à la revitalisation, poussée par l’insupportable témoignage de déclin que porte un cadre de vie qui s’altère. Le caractère insoutenable de ces indices spatiaux de la décroissance précipite les porteurs de projet dans une fuite en avant, vers un projet de revitalisation qui vise leur effacement.

Si le parti-pris de la démolition est plébiscité et génère l’adhésion des parties prenantes – élus, techniciens de collectivités, partenaires publics – c’est qu’il répond à un besoin collectif de voir le cadre de vie évoluer. Ce dont témoignent ces situations, c’est de la nécessité de « passer à autre chose ». La démolition présente l’avantage d’une transformation rapide d’un paysage figé dans l’attente, incarnant et donnant à voir l’avancement de la démarche de revitalisation. L’effacement par la démolition devient un moyen de modifier les perceptions attachées au cadre de vie. Si notre propos n’est pas de défendre une approche conservatoire de la ville, le sens d’une démolition érigée en principe d’intervention n’est pas sans poser questions. Le principe de sobriété dans l’utilisation des ressources et la versatilité des représentations attachées à l’architecture invitent à considérer l’acte de démolir avec soin. Il s’agit aussi de renoncer à une posture de projet par défaut, obérant toute pensée alternative de la décroissance urbaine qui soit susceptible de lui donner sens.

L’effacement systématique et total des situations d’abandon inhibe l’hypothèse d’un projet à partir de l’idée de ruine, c’est-à-dire un projet de déconstruction motivé par le « désir de donner à voir les effets d’une démolition volontaire » qui ne s’efforcerait ni de « préserver [ni de] reconstituer un état antérieur » (Landauer, 2023b). Il s’agit d’ouvrir une voie tierce qui laisse la place à l’indétermination : suggérer un devenir possible des lieux, sans effacer les supports de mémoires. S’il est question de donner sens aux transformations de la ville qui s’opèrent par le vide, cette proposition suppose de réhabiliter la poétique de la ruine dans un environnement quotidien, dans les imaginaires collectifs. Elle suppose également de considérer l’hypothèse de faire projet de la décroissance – qui s’opère malgré tout, qu’elle soit envisagée par les acteurs publics ou non.

Dans un ouvrage portant sur les shrinking cities, Philipp Oswalt défend l’idée qu’un phénomène de décroissance doit permettre le renouveau de la pensée architecturale et urbaine (Oswalt, 2006). C’est aussi l’hypothèse défendue dans l’ouvrage collectif Déconstruire la ville, qui présente les villes en décroissance comme les « laboratoires d’une production urbaine alternative » (Chavassieux et al., 2021). Pour l’architecte, les petites villes en décroissance pourraient donc être envisagées comme des lieux où se fabrique une urbanité alternative, si tant est que le cadre – la commande – le permette. Pour explorer d’autres hypothèses de projet, il est nécessaire de se défaire d’une injonction à la revitalisation et de s’autoriser à penser hors du cadre.

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