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Couverture de Marque et Territoire (Violaine Appel et Delphine Le Nozach, dirs) Show/hide cover

Espaces territoriaux : négociation et appropriation

Cette première partie permet la compréhension du développement du marketing territorial et des stratégies de marques appliquées aux territoires locaux, régionaux, nationaux ou internationaux, y compris l’étude de la coexistence et de la juxtaposition au sein d’une même région de nombreuses marques territoriales de niveaux différents : départements, régions, pays ou territoires géographiques sans représentation administrative de même périmètre, qui correspondent à des réalités culturelles et historiques. Il s’agit de comprendre les logiques mises à l’œuvre par l’existence d’une marque de territoire ou territoriale, d’analyser ses objectifs communicationnels, d’en saisir le sens et les enjeux à la fois pour le territoire, les révélateurs/influenceurs et les partenaires et/ou élus engagés dans cette démarche de promotion et de partage, de mieux cerner la stratégie mise en place et les moyens employés afin de gérer la juxtaposition des marques tout en développant l’attractivité territoriale. Les travaux étudient les politiques de labellisation/certification, les programmes spécifiques d'engagement des acteurs territoriaux et les logiques de patrimonialisation des territoires. Ils envisagent leurs impacts en termes de structuration identitaire et de différenciation. Ils saisissent également la transformation des pratiques professionnelles en communication publique et territoriale.

Patrick Fraysse, Valentine Châtelet et Sylvie Couralet proposent une réflexion sur la marque « Pays Cathare ». En envisageant les aspects territoriaux, patrimoniaux et économiques, ils expliquent que cette labellisation est en tension entre traits identitaires et structurants du territoire, et recherche de modernité, de renouveau et d’attractivité. Ils s’appuient sur les perceptions des acteurs du département de l’Aude afin de montrer la complexité et la circulation des discours autour de cette marque.

Alizée Bertetto et Anne Cadoret interrogent les représentations des élus du Luberon quant aux labels Géoparc, Réserve de biosphère et Parc naturel régional. S’ils répondent à des exigences chartées de développement durable, les auteures révèlent que les acteurs publics ne s’en emparent pas tous avec le même dynamisme créant ainsi une disparité spatiale entre les communes concernées.

La dernière contribution de cette partie met en lien un territoire géographique (le Jura), une marque territoriale (le « Made in Jura ») et un homme (Louis Pasteur) faisant ainsi « converger patrimoine matériel (bâti), patrimoine scientifique, patrimoine immatériel pour faire vivre et ré-enraciner l’image d’un homme, ici Louis Pasteur ». Cette articulation des concepts, entre espace, temps et communication, permet à Anne Parizot, David Michon et Daniel Raichvarg d’appréhender la déterritorialisation et la reterritorialisation dans une démarche de valorisation d’un territoire et de mise en scène identitaire de ce dernier.